Page:Hawthorne, La maison aux sept pignons, Hachette, 1886.djvu/284

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par fantaisie, se promener au jardin, et fallait-il le supposer grelottant de froid sous le triste abri du pavillon d’été ? Elle poussa précipitamment une fenêtre, et projetant au dehors, avec la moitié de sa longue taille, sa tête coiffée d’un turban, fouilla l’enclos du regard, aussi complètement que le lui permettait la faiblesse de sa vue. Elle distinguait fort bien l’intérieur du pavillon et son banc circulaire humecté par le stillicide du toit. Personne ne s’y trouvait. Clifford n’était pas dans le jardin, à moins toutefois — comme Hepzibah se le figura pendant un moment, — qu’il n’eût couru se cacher derrière une espèce d’appentis, formé par un cadre de bois appuyé contre le mur, et que recouvraient pêle-mêle les pampres, les larges feuilles du plant de courges. Mais cela ne pouvait être ; car tandis qu’Hepzibah regardait, un étrange individu de la race féline sortit tout précisément de ce réduit et traversa le jardin à pas comptés. Par deux fois, il s’arrêta pour humer l’air, reprenant toujours sa route du côté de la fenêtre du salon. Soit à cause des allures furtives et observatrices qui caractérisent cette espèce en général, — soit que ce chat lui parût animé d’intentions particulièrement malveillantes, — la vieille demoiselle, nonobstant les perplexités auxquelles elle était en proie, se sentit l’envie de mettre l’animal en fuite, et lui lança un petit bâton qui se trouva sous sa main… Le chat leva les yeux vers elle, comme un assassin ou un voleur surpris en flagrant délit, et le moment d’après, se sauva au galop. Aucune autre créature vivante n’était en vue. Le coq et sa famille, découragés par le mauvais temps, ou bien n’avaient pas quitté leur juchoir, ou bien, toutes réflexions