Page:Hawthorne, La maison aux sept pignons, Hachette, 1886.djvu/292

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XVII

La Fuite des deux Hiboux.


Nonobstant la saison d’été, le vent d’est faisait claquer les dents, en bien petit nombre, qu’Hepzibah conservait encore, au moment où elle et Clifford, bravant le souffle de cette brise glacée, remontèrent Pyncheon-street pour se diriger vers le centre de la ville. Ce n’était pas un simple frisson qu’elle sentait courir par toute sa personne (bien que ses pieds, et ses mains surtout, ne lui eussent jamais semblé aussi complétement amortis par le froid), mais à cette impression purement physique se mêlait une sensation morale qui faisait trembler son esprit en même temps que son corps. L’aride et puissante atmosphère qu’on respire dans le monde extérieur, lui causait un si grand malaise ! Telle est, à vrai dire, l’impression qu’elle produit sur tout aventurier novice, alors même qu’il s’y plonge pendant qu’un sang jeune et chaud