Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/218

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Lorsque, par une suite de mes idées ou par l’ébranlement que certains sons causent dans l’organe de mon oreille, je me rappelle l’image d’un chêne, alors mes organes intérieurs doivent

    vouloit qu’on réglât sa vie sur ces apparences, qu’on agît lorsqu’il paroissoit plus convenable d’agir que d’examiner, qu’on délibérât mûrement lorsqu’on avoit le temps de délibérer, qu’on se décidât par conséquent plus sûrement, et que dans son ame on laissât toujours aux vérités nouvelles une entrée que leur ferment les dogmatiques. Elle vouloit de plus qu’on fût moins persuadé de ses opinions, plus lent à condamner celles d’autrui, par conséquent plus sociable ; enfin que l’habitude du doute, en nous rendant moins sensibles à la contradiction, étouffât un des plus féconds germes de haine entre les hommes. Il ne s’agit point ici des vérités révélées, qui sont des vérités d’un autre ordre.