Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/234

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de Memphis : en présentant le bœuf Apis aux Égyptiens craintifs et prosternés, le prêtre s’écrie : « Peuples, sous cette métamorphose, reconnoissez la la divinité de l’Égypte ; que l’univers entier l’adore ; que l’impie qui raisonne et qui doute, exécration de la terre, vil rebut des humains, soit frappé du feu céleste. Qui que tu sois, tu ne crains point les dieux, mortel superbe qui dans Apis n’apperçois qu’un bœuf, et qui crois plus ce que tu vois que ce que je te dis ». Tels étoient sans doute les discours des prêtres de Memphis, qui devoient se persuader, comme la femme déja citée, qu’on cessoit d’être animé d’une passion forte au moment même qu’on cessoit d’être aveugle. Comment ne l’eussent-ils pas cru ? On voit tous les jours de bien plus foibles intérêts produire sur nous de semblables effets.