Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/255

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sette d’argent se fait sentir dans un état accoutumé au luxe, la nation tombe dans le mépris.

    quer à toute espece de commerce. Les richesses que les manufactures et la perfection des arts du luxe attirent dans un état n’y sont que passageres, et n’augmentent pas la félicité des particuliers. Il n’en est pas de même des richesses qu’attire le commerce des marchandises qu’on appelle de premiere nécessité. Ce commerce suppose une excellente culture des terres, une subdivision de ces mêmes terres en une infinité de petits domaines, et par conséquent un partage bien moins inégal des richesses. Je sais bien que le commerce des denrées doit, après un certain temps, occasionner aussi une très grande disproportion entre les fortunes des citoyens, et amener le luxe à sa suite ; mais peut-être n’est-il pas impossible d’arrêter dans ce cas les progrès du luxe. Ce qu’on peut du moins assurer, c’est que la réunion des richesses en un plus petit