Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/275

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puté très longuement et très vaguement. L’on s’est avisé très tard de se demander sur quoi l’on disputoit, et d’attacher une idée précise à ce mot de matiere. Si d’abord l’on en eût fixé la signification, on eût reconnu que les hommes étoient, si j’ose le dire, les créateurs de la matiere, que la matiere n’étoit pas un être, qu’il n’y avoit dans la nature que des individus auxquels on avoit donné le nom de corps, et qu’on ne pouvoit entendre par ce mot de matiere que la collection des propriétés communes à tous les corps. La signification de ce mot ainsi déterminée, il ne s’agissoit plus que de savoir si l’étendue, la solidité, l’impénétrabilité étoient les seules propriétés communes à tous les corps ; et si la découverte d’une force, telle, par exemple, que l’attraction ne pouvoit pas faire soupçonner que les