Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/296

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ment attachée à la nature de l’esprit humain ; nos faux jugements sont donc l’effet de causes accidentelles, qui ne supposent point en nous une faculté de juger distincte de la faculté de sentir ; l’erreur n’est donc qu’un accident : d’où il suit que tous les hommes ont essentiellement l’esprit juste[1].

Ces principes une fois admis, rien

  1. On ne peut pas dire que les hommes n’ont pas l’esprit juste, en ce sens qu’ils voient ce qu’ils ne voient pas, mais en ce sens qu’ils ne voient pas comme ils devroient voir s’ils fixoient davantage leur attention, et s’ils s’appliquoient à bien voir les objets avant de prononcer sur ce qu’ils sont. Ainsi, juger n’est que voir ou sentir qu’un objet n’est pas un autre, ou sentir qu’une chose n’a pas avec une autre chose tous les rapports qu’on cherche ou qu’on suppose.