Page:Henri Forir - Dictionnaire liégeois-français, t. 1, 1866.djvu/66

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AMO
AN
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foû dè boi : le cerf a débuché. — Li chet a-t-amoûcî foû po l’lârmîr del kâf : le chat s’est échappé par le soupirail de la cave.


Amoüî, v. (J’amoïe, no-z-amouïan). Voy. Moüî è Bagnî.


Amouïech, s. Léger arrosement ; humectation. — L’amouïeg d’inn potaïe di jalofreunn : l’arrosement d’une potée d’œillets. — L’amouïeg d’inn plâïe : la fomentation d’une plaie.


Amoûr, s. Amour, sentiment du cœur qui se porte vers ce qui est aimable, et désire de le posséder. — L’amoûr di Diu : l’amour de Dieu, l’amour divin, l’amour céleste. — L’amoûr d’on pér, d’inn mér po sè-z-éfan : l’amour, la tendresse d’un père ou d’une mère pour ses enfants. — Fé n’sakoi po l’amoûr di Diu : faire quelque chose pour l’amour de Dieu, par charité, par pitié, par dilection ; à contre-cœur, par lésinerie.


Amoûr, s. Amour, passion d’un sexe pour l’autre. — Fé l’amoûr : courtiser, faire l’amour, faire la cour. — Chanson d’amoûr : chanson d’amour, chanson érotique. — Freûtè min, chôtè-z-amoûr : mains froides, chaudes amours. — Riméd d’amoûr : remède d’amour, laide femme. — L’amoûr è l’amitié son rârmin d’akoir : l’amour et l’amitié sont rarement d’accord. — L’amoûr fai dansé lè-z-âgn : l’amour apprend les ânes à danser ; les gens les plus grossiers sont civilisés par l’amour. — Lé bèrik è lè blan jvet, c’è dè kwitanss d’amoûr : les lunettes et les cheveux gris sont des quittances d’amour.


Amourett, s. Amourettes, amour de pur amusement, sans véritable passion. — Sè-z-amourett lî fet dè toir : ses amourettes lui font du tort.


Amoureû, eûss, s. et adj. Amoureux, qui aime d’amour ; passionné, amant ; céladon. — Voss kuzeunn a-t-inn amoureû : votre cousine a un amoureux, un bon ami. — Dèlîr amoureû : délire amoureux, érotique ; érotomanie. — Dè-z-amoureûzè lett : des lettres amoureuses. — On komédiain ki jow lè rol d’amoureû : un comédien qui joue les rôles d’amoureux, de jeune premier. — Amoureû d’kwarem : amoureux de carême, amoureux timide, n’osant toucher à la chair. — Il ess-t-amoureû d’lu mainm : c’est un narcisse, il est amoureux de lui-même.


Amoureûsmin, adv. Amoureusement, passionnément, tendrement. — Loukî, pârlé, chanté amoureûsmin : regarder, parler, chanter amoureusement.


Âmoûss, s. Aumusso ou aumuce, vêtement de chanoine. — Âmoûss di pti gri : aumusse de petit-gris.


Amsin, s. Ampsin, commune du canton de Huy, à 4 1/2 kilom. de cette dernière ville, et à 25 kilom. de Liége. Pop. 900 hab. Sup. 570 1/2 hect. — Li vin d’Amsin pass po l’prumî di to lè vin d’paï : le vin d’Ampsin passe pour tenir le premier rang parmi tous les crûs du pays.


Amûzâf, adj. Amusable, qui pent être amusé. — Li pôv vî om n’è pu-z-amûzâf : le pauvre vieillard n’est plus amusable. — Si mam è ko amûzâf : sa maman est encore amusable.


Amûzan, antt, adj. Amusant, agréable, intéressant, curieux, plaisant, divertissant, récréatif. — Amûzan kamèrâtt : amusant compagnon. — Istoir amûzantt : histoire amusante. — Si bin poirté è avu s’pan kû, c’ess-t-inn sakoi d’amûzan : c’est quelque chose de fort agréable de bien se porter et de jouir d’une honnête aisance.


Amûzé, v. (J’amûss, no-z-amûzan). Amuser, procurer du plaisir ; leurrer, tromper par de fausses espérances. — J’amûss li kpagnèie avou dè galguîzoûtt : j’amuse la compaguie avec des balivernes. — S’amûzé : s’amuser, passer son temps ; se récréer, jouer, batifoler. — S’amûzé d’inn sakî : s’amuser de quelqu’un, se moquer de lui. — Amûzé n’jônn fèie : tromper une jeune fille.


Amûzech è Amûzmin, s. Amusement, passe-temps, amusoire, divertissement, récréation. — Si flûtt, c’è to s’iamûzmin : sa flûte fait tout son amusement. — On n’ deû jowé ki par amûzmin : il ne faut jouer que par amusement.


Amûzett, s. Amusette, petit amusement, badinerie, sornette. — Lé pop, c’è dè-z-amûzett po dè ptitè bâcel : les poupées sont des amusettes de petites filles.


Amûzeû, ress, s. Amuseur, celui qui amuse ; conteur de fleurettes. — Ni hoûté nin ci majopin la, Toutou, c’ess-t-inn amûzett : n’ecoutez pas ce godelureau, Gertrude, c’est un enjôleur.


An, s. An, année, espace de douze mois. — To l’z-an : tous les ans[1], chaque année, annuellement. — Ess malâtt inn an â-lon : être malade pendant un an. — Soula deûr in an, deû-z-an, treû-z-an, cink an, dîh an : cela est annal, biennal, triennal, quinquennal, décennal. — To lè treû-z-an : à chaque triennat. — Plante ki vik deû-z-an : plante bisannuelle. — Fiess di cintt an : fête séculaire. — Li joû d’novel an : le jour de l’an. — El va so vintt an : elle court sa vingtième année. — To lè vinte ûtt an, li novel an tom è dimègn : le cycle solaire

  1. Tous l’z ans, mauvaise prononciation.