Page:Henri IV - Lettres Missives - Tome1.djvu/418

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railles. Ce qui est contraire à vostre dict edict et à la promesse mesme que le dict sr du Mayne leur avoit faicte, par laquelle il n’y avoit que la citadelle de Gap qui deust estre demolie. Si ne vous allegué-je poinct la demolition des dictes villes, pour aulcune confiance que j’eusse prins auparavant en icelles (car je ne leur eusse voulu conseiller ce que j’ay faict), mais pour la mauvaise consequence que les signes et marques demeurent à la posterité d’une rebellion et desobeissance : qui est contre ce que tant de fois a esté declairé par vos edicts. Ils se plaignent aussy qu’aprés avoir tiré d’eulx entiere obeissance et satisfaction en toutes choses, ils ayent encores sur le pays l’armée du dict sr duc, qui les ruine du tout ; dailleurs ceulx de Languedoc sont en allarme, voyant si pres d’eulx la dicte armée, qui n’a plus rien à faire au dict pays de Daulphiné. Il n’y a chose qui les puisse tant asseurer de la bonne affection que vous avez à l’execution de vostre dict edict, qu’en leur ostant les occasions de meffiance. Aussy par vos lettres precedentes vous m'aviez promis que vous feriez rompre et retirer la dicte armée, aussi tost que vous seriez adverty de l’obeissance rendue par ceulx du dict Daulphiné. Ce que je vous supplie tres humblement, Monseigneur, de vouloir faire au plus tost pour le bien de vostre service, et affin que vos subjects puissent joyr du bien et du repos qui leur a esté promis, apres avoir satisfaict à tout ce leur a esté commandé ; et par le bon tesmoingnage que vous rendrez à ceulx-là de vostre faveur et bienveillance, vous donniez occasion à tous aultres d’en esperer aultant, et s’assurer sur la verité de vos promesses ; les effects desquelles vous ne sçauriez assez tost faire paroistre, pour les maulx que le retardement apporte, tant en ce pays-là qu’en cestui-cy. Car voyant les malfaicteurs l’impunité de leurs faultes, ils prennent toujours hardiesse de continuer leurs mauvaises actions et deportemens, et commettre plusieurs attemptatz qui sont aprés irreparables.

C’est pourquoy, Monseigneur, je vous ay supplié tres humblement par mes dernieres, de faire haster les srs de Matignon et de Bellievre, pour s’en venir en ce pays, comme je vous en supplie encores dereschef ; car la longueur du temps qu’on met à faire reparer l’attemptat de