Page:Henri IV - Lettres Missives - Tome1.djvu/419

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Perigueux est cause qu’il s’est fait et se continue tousjours de faire plusieurs desseings pour entreprendre contre les villes habitées par ceulx de la Religion, comme Vostre Majesté aura entendu de Payrac[1], Bergerac, Puylaurens[2] et aultres, sans qu’ils osent en prendre la revenge, pour les advis que je leur donne du contraire. Et encores qu’il y ait une chambre de l’edict establie à Bourdeaux, touttefois elle a si peu d’authorité et de jurisdiction, pour les empeschemens et entreprinses que font sur ycelle les autres chambres de la court de parlement au dict Bourdaulx, que ceulx de la Religion ne peuvent avoir ni esperer aucune raison et justice de leurs affaires et proces. Sur quoy est necessaire le reiglement de la justice (qui a esté promis et arresté par les courts de parlemens) des chambres de l’edict. Il se faict aussy des impositions et levées de deniers en ce pays pour affaires de guerre, garnisons et fortifications, et mesme soubs le nom et à la poursuicte de monsr le mareschal de Biron, nonobstant toutes deffenses par vous sur ce faictes. À quoy il est besoing de donner ordre promptement pour le bien de vostre service, repoz et soulaigement de vos subjects.

J’ay aussy eu plaintes de ceulx de la Religion de Picardie, de ce qu’ils n’ont encores peu obtenir de Vostre Majesté main levée des deffenses à eulx faites pour l’exercice de la dicte religion. J’estime, à present que la cause pour laquelle les dictes deffenses avoient esté faictes cesse, comme aussy celle pour laquelle vous m’avez escript, qu’il falloit tenir debout pour quelque temps la dicte armée au dit pays. Il vous plaira, Monseigneur, de pourvoir à l’ung et à l’autre poinct, comme estant des plus importans et necessaires.

On m’a aussy faict entendre qu’il vous fut naguieres presente plusieurs requestes pour avoir l’exercice de la dicte religion aux baillages, dont en y eut deux respondues, l’une pour Lyon, l’autre pour Rouen. Mais les lieux qu’on leur a assignés leur sont inutiles, d’aultant qu’ils sont à douze grandes lieues dans des forestz, et où il n’y a aulcun de

  1. Ou Peyrac, en Quercy, aujourd’hui chef-lieu de canton du département du Lot.
  2. En Lauraguais, aujourd’hui chef-lieu de canton du département du Tarn.