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histoire

paraît, d’un bâtard de la maison de Bourbon ; il était seigneur de Solligny et de la Roche-en-Brénil, conseiller et chambellan du roi.

Louis XI avait accordé des lettres d’amortissement pour la terre de Vergigny en faveur de l’abbaye de Pontigny. Sous Charles VIII, son successeur, le bruit courut que ces lettres avaient été révoquées ; aussitôt vexations et poursuites de la part des officiers du baillage de Sens. Charles VIII leur écrivit que feu son père (que Dieu absoille) avait amorti aux religieux de Saint-Edmon de Pontigny la terre de Vergigny ; P. 308.et néanmoins, leur dit-il, vous les tenez en procès par devant vous, et les molestés et les travaillèz soubz couleur de ce que dites que notre dit feu père ne pouoit faire ledit admortissement, et quetous ceulx qu’il a faiz et donnez aux églises avaient par et pour ce que nous esté révoquéz, que n’entendons voulons le dit admortissement sorte son plain et entier effet, nous vous mandons que ne donnez doresnavant


    dans sa terre ; il avait à ses ordres un ou plusieurs sergens ou huissiers ; il était encore aidé des forestiers ou gardes des bois, et des messiers ou gardes des champs. Les forestiers avaient quelquefois le titre de sergens jurés. Les terres plus importantes avaient un bailli, duquel relevait le prévôt. Le bailli connaissait ordinairement des appellations interjetées des sentences du prévôt, des causes des ecclésiastiques, de celles des nobles, et des affaires criminelles. Cet ordre de chose ne s’établit qu’insensiblement dans le treizième siècle ; précédemment, lorsque les seigneurs étaient tout-puissans dans leurs terres, ils jugeaient eux-mêmes en dernier ressort les affaires criminelles. Ils tenaient beaucoup à conserver ce pouvoir suprême. En vendant leurs bois, on voyait des seigneurs retenir le droit de juger les grands crimes qui se commettraient dans leur étendue, comme celui de s’y promener avec leurs armes pour la chasse.