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ESKOP-EUNN


Eskop, s. m., évoque (pl.eskep). Empr. lat. épiscàpus[1].

Eskuit, adj., agile, cymr. esgud, vir. eacid, ir. éasguidh, gael. easgaidh « dispos » (exempt de fatigue)[2]. V. sous *eks- et skuiz.

Espern, s. m., épargne. Empr. fr. ancien espargne.

Estai, s. m., dévidoir : jadis pl. de astel[3], pris pour un sg.

Estlamm, s. m., étonnement : contamination d’un mbr. *ech-lamm « bondir hors de [soi] » par le mbr. esion empr. fr. V. sous lamm.

Estr, estré, adv., prép., outre, en outre : le mot est avec entré exactement dans le même rapport que lat. extra avec lat. intrà, soit donc un type de comparatif ou d’adv. local dér. de *eks.

Éta, donc, mbr. enta, cymr. ynte (particule adversative de liaison), cf. ag. and y vhal. unii > al. und, sk. àtha « et ».

Êtéô, étev, s. m., tison, brandon, corn. itheu, cymr. etewyn, cf. vir. itharnae « torche » : soit un celt. *itu- < *pitu- et *pitaw-i-, cf. gr. πί-τυ-ς (pi-tu-s) « pin », sk. pitu-dâru (nom d’un arbre très riche en résine), lat. pïnu-s, etc. — Conj. Stokes[4].

Étré, prép., variante de entré. V. ce mot.

Étréaé, prép., vers, mbr. entresea et entrézec id. : soit *en-tres- = lat. *iwtrans « dans-à-travers », surchargé d’un suffixe de dérivation adverbiale ; pour le suff., cf. bété, goudé, adâlek, etc. ; pour le corps du mot, être.

Eûb, s. m., embarras : abstrait de eûbi, mbr. eiïbi « embarrasser », et celui-ci pour mbr. a&hubi. Empr. lat. occùpàre « s'emparer de >> tenir ferme > faire obstacle ».

Eûbeûl, s. m., variante de ébeùL V. ce mot.

Eufl, s. m., atome, fétu, duvet volant, cymr. eflyn et yfflyn id. : peut-être simple variante à métathèse de elfen et elven. V. ces mots ; mais cf. aussi cymr. ulwyn « cendre », br. fulen et nloen.

Eul, article indéfini devant l, cf. eunn et al.

Eûn, adj., variante contractée de éeùn. V. ce mot.

Eunn, article indéfini, corn. un, cymr. un, vir. oin, etc. : d’un celt *oino-B « un » (nom de nombre), lat. oinos > anus, gr. οἰνή (oinê) « le point de l’as au jeu de dés », got. àin-s « un », ags. an >ag. one et an, al.

  1. À la différence du fr., qui suppose opiscopus.
  2. Mais sans doute contaminé, en br., de kuit « libre ».
  3. Au sens de « menue pièce de bois ». V. ce mot.
  4. La phonétique rigoureuse exigerait *édéô, mais la dentale peut être restée sourde ou s’être réassourdie par contamination de tân.