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FRAEZ-FRÎ

1 Fraez, s. m., anus : exactement « la brèche ». Empr. lat. fractura « brisé », cf. h. fesse < lat. fissa « fendue ».

2 Fraez, adj., adv., variante primitive de fréaz.

Frai, s. m., fente, crevasse : abstrait de Tempr. fr. ancien fraill-er « briser », qui remonte à un bas-lat. *fragillàre.

Framm, s. m., jointure, charpente, cymr. ffrâm id. : abstrait d’empr. ags. fremman « ajuster », cf. ag. frame « cadre ».

Frank, adj., franc, loyal. Empr. fr. ancien/ranc.

Fraô, s. m., corneille grise, corn. frau, d’un celt. *srato-o- <C*sprawo-, qui rappelle tout à la fois lat. parra « orfraie » et ag. sparrow « moineau ». Cf. aussi ît. freux*.

Fraost, adj., inculte. Empr. fr. ancien frost, « en ruine, en friche », et cf. le fr. moderne fruste refait sur Tital. frusto.

Fréalzi, vb., soulager, consoler : exactement « affranchir » [de peine], mbr. freate « libre ». Empr. ags. frëols « liberté » etfrëols-ian « affranchir » a ; cf. got. frei-hah « qui a le cou libre », al. freihals.

Fréaz : adj., clair ; adv., clairement ; cymr. ffraeth « éloquent » < celt. *srak-to- <C*VaAr-/o-, cf. cymr. ffrec « abondance de paroles » et ffregod « bavardage » : tous dér. de la même rac. qui a donné ags. sprecan et al. sprech-enu parler ».

Freḷ, s. f., fléau, mbr. fraeill, cymt.ffrewyll id. Empr. lat. flagellum, ou (pour le br.) fr. ancienne/, avec l dissimilé en ;•*.

Frenn (V.), s. m., odorat : soit un dér. celt. *srok-n-yo-, à rattacher à la même rac. que f ri et/ron. V. ces mots.

Présk, adj. frais. Empr.fr. ancien *fresc, cf. ital. fresco.*

Fret, s. m., cercle de moyeu. Empr. ir.freite « virole », etc.

Freûza, vb., défaire, briser. Empr. bas-lat. *fractdre (fréquentatif de frangere), mais confondu avec mbr. froesaff (empr. fr. froissicr).

Freûzel, s. f., herse : dér. du précédent.

Frî, s. m., nez, corn. fruc (voc.) > frig « narine », pl. frigow, qu’on ne retrouve ni en ir. ni même en cymr. : soit un celt. *srī-n-, sans autre équivalent connu que gr. ῥί-ς (rhi-s) ( *σρί-ν-ς (*sri-n-s), mais apparenté à fron.

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  1. On simplement empr. fr. fraise, euphémisme facétieux (Loth).
  2. Issu sans doute d’un mot gaulois de même origine.
  3. C’est un des premiers mots qu’ont dû apprendre les Bretons insulaires réduits en esclavage. Cf. ag. //ec etc.
  4. La jolie métaphore fre{ al lagad « coin de l’œil » se comprend mieux qu’elle ne se peut définir : regarder quelqu’un qui cligne de l’œil.