Page:Henry - Lexique étymologique du breton moderne.djvu/226

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
190
LOUDOUR-LUBAN

nom de lieu), vir. Loarn id., gaul. dér. Λουέρν-ιο-ς : d’un celt. *luerno-, pour *lup-erno-, dont l’équivalent le plus approché[1] est sk. lop-àçà « chacal », et gr. ἀ-λώπ-ηξ emprunté sans doute à une langue asiatique.

Loudour, adj., malpropre : dér. d’une base *loud- qui signifierait « ordure », cf. vir. Loth « marais », ir. lod-an t gael. lod et lod-an « motte de terre », celt. *lut, lat. lut-u-m « boue », lit. lut-ynas « fondrière ».

Loued, adj., moisi, gris[2], mbr. loet, corn. luit, cymr. llwyd et vbr. loit « chenu », vir. llath, ir. et gael. liath « gris » : d’un celt. *leito-, pour *pl-eito-, de même dérivation que sk. pal-itâ « gris », gr. πελ-ιτνό-ς id. et πολ-ιό-ς « chenu », lat. pul-lus « noirâtre » et pall-idu-s « pâle », ag. fallow et al. falb « fauve », lit. pàl-vas « pâle », vsl. pla-cû « blanchâtre ».

Loufa, vb., vesser : dér. de mbr. louff « vesse ». Empr. fr. populaire et dialectal, cf. provençal loufa et picard loufée.

Loui (C.), puer[3] : dér. du précédent (*loufi > *louvi > loui).

Lounez, s. f., variante de lonec’h[4]. V. ce mot.

1 Louz, adj., malpropre, obscène. Empr. fr. ancien lous « misérable » ; mais cf. aussi loufa, loui et 2 louz.

2 Louz (C.), s. m., blaireau : identique au précédent (puant).

Louzaou, louzou, s. m., herbe, légume, mbr. lousouenn, corn. losow pl.. cymr. llys(p. llysiau), vir. luss, ir. et gael. lus id. :d’un celt. */u*$u-, pour *lup-su-, et celui-ci dér. du même radical que celt. *lub-i- « herbe », attesté par vir. luib, ir. et gael. luibh « herbe » et br. liorz[5]. V. ce mot

Lovr, adj., ladre, lépreux, mbr. lojjfr, cymr. llwfr « souffreteux », vbr. lobur « faible », vir. lobur id., ir. et gael. lobhar « lèpre » ; d’un celt. *lob-ro-, cf. vir. lobat « qu’ils pourrissent », ir. lobhaim « je me corromps », gael. lobh id., lat. làb-î « s’écrouler », taé-ês « ruine », sans autre équivalent connu ; on songe aussi à got. thlaq-us « mou ».

Lu, adj., ridicule : parait abstrait de luia. V. ce mot.

Luban, adj., insinuant : soit un celt. *sloib-ano-« qqi se glisse ». V. la rac. sous libonik, mais avec les mêmes réserves. — Conj. Ern.

  1. Aucun rapport avec lat. lupus, dont le p vient d’un q primitif ; quant à lat. oulpës, on n’aperçoit pas le lien.
  2. D’après l’étymologie, le second sens est le primitif.
  3. D’où sans doute aussi louézaé s. m. « punaise des bois » ; mais le mot est difficile a analyser.
  4. Chercher de même sous lo- les mots qui manquent sous loa-.
  5. Le mot se retrouve dans les vieux dialectes germaniques, mais s’y distingue nettement de ag. leaf « feuille » et al. laub « feuillage ».