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LUDU-LUS


Ludu, s. m., cendre, corn. lusow, cymr. lludw, vir. lùaith, ir. luaith, gael. luath id. : d’un celt. Houtwi-, auquel on ne connaît pas d’équivalent ; cf. pourtant al. lod-ern « couver sous la cendre ».

Lufr, s. m., éclat, lustre, cymr. lleufer, vbr. louber id. : d’un celt. *lou’broluminaire », cf. lat. lac-ubrâre « travailler à la lumière ». V. la rac. nue sous goulou et amplifiée sous lâcha.

Lûg, adj., lourd (temps) : exactement « blanc »[1], d’un celt. fléchi *louk-o-, cf. gr. (normal) λευϰ-ό-ς « blanc », dont la rac. est sous luc’ha.

Lugern, s. m., éclat, corn. lugarrm lampe », cymr. llugorn, vir. làcharn, ir. làchrann et gael. Ibchran « flambeau » : d’un celt. Houk-orno-, cf. lat. luc-erna « lampe », tous dér. de la rac. LUK. V. sous luc’ha.

Lugud, s. m., lenteur, paresse : dér. de làg[2].

Lugustr, s. m., troène, nénufar. Empr. lat. ligustrum. Cf. burzud.

Luc’ha, vb., luire : soit un celt. *louk-s-ō « je brille », dér. de rac. LEUK LUK, universellement répandue ; sk. róc-a-ti « il brille », ruc-á « brillant », rok-á « éclat », etc. ; gr. λευϰ-ό-ς « blanc », ἀμφι-λύϰ-η « crépuscule », λύχ-νο-ς « Lampe », etc. ; lat. *louk-s > lūx, lāc-ēre, *louk-s-nā > lūna, lūmen, etc., etc. : cymr. llùg « lumière » et vir. luach « blanc », etc. (cf. les précédents à partir de lufr) ; got. liuh-ath « lumière », ag. light, al. licht, et leuchten « éclairer » ; lit. laúk-a-s « φάλιος » (sous 1 baḷ).

Luc’héden, s. f., éclair, corn. luhet, cymr lluched (singul. lluch-ed-en), cf. vir. lóche (gén. lóchet) et gaul. Leuc-etio-s (surnom du dieu Mars) : d’un celt. * louk-s-etā. V. la rac. sous luc’ha.

Luia, vb., brouiller : variante possible de luzia.

Lûn, s. m., lundi. Empr. lat. lunae (diès).

Lupr, adj., en rut. Empr. fr. ancien labre, abstrait de l’empr. lat. savant lubricus > fr. lubrique.

Luré (V., C), s. m., paresse, négligence : contraction dialectale de *lizouré. V. sous lézirek et cf. ag. leisure. — Conj.

Lurel, s. f., bande, ligature : contraction de *lezurel, dér. et altéré de l’empr. fr. lisière. Cf. 3 léz et 2 lézen. — Conj.

Lus, s. m., airelle, cymr. llus id. (singul. llusen) : se rattache à un celt. *luk-o- « noir » qu’attestent cymr. llwg « pâle » et vir. loch « noir »[3].

  1. « Blanchâtre » sous un soleil voilé par les vapeurs.
  2. Effet produit par une chaleur étouffante.
  3. On y peut rattacher aussi lûg et lôgôden, dont il a été donné d’autres explications. Et même, à la grande rigueur, le sens « noir y » se concilie avec celui de la rac.