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OFÉREN-OUNÉZER

Oféren, s. f., messe, mbr., corn. et cymr. offeren, ir. oifrend, gael. aifrionn. Empr. lat. offerenda, « chose à offrir, offrande ».

Oged, s. f., herse, corn. (ancien) ocet, cymr. oged, etc. : d’un celt. *ok-età, identique à ags. eg-ethe et à vhal. eg-ida > al. egge « herse » ; cf. lat. occa et occ-àre « herser », lit. ak-èti id. et ah-èles « herse », tous dérivés dont on trouvera sous èk la racine au moins probable.

Oglen, s. f., saline. Empr. lat. oculus « œil » > *oclus, d’où vient aussi le dimin. fr. oeillet [de marais salants] ; métaphore.

Oc’h, particule : variante atone de ouc’h, dans la formation des gérondifs[1], et aussi dans la locution oc’h-penn, « de plus, en outre », exactement « en tête » ou « au bout » [de cela].

Oléou, s. f. pl., les saintes huiles[2], cymr. olew et vbr. oleu « huile ». Empr. lat. savant oleum, prononcé oléum, ou olica. Cf. éôl.

Oll, tout (cf. holl dont l’aspiration est illégitime), corn. hol, cymr. oll, vir. huile > uile, ir. et gael. uile : d’un celt. *olyo-, dont la rac. ne se retrouve qu’en germanique, got. al-l-s, ag. ail, al. ail.

Or, s. m., bord, mbr. eur-yen, corn. urr-ian, « bord, limite », cymr. or, vbr. or-ion : soit un dér. d’une base celt. *ar- pour *ôr-, qui n’a aucun autre répondant que le lat. ôr-a f. « rivage ».

Orbid, s. m., grimace, minauderie : peut-être « cécité > grimace provenant de la cécité », dér. d’empr. fr. ancien orb « aveugle » < lat. orbus, « privé de, infirme ».

Orged, s. f., amourette, mbr. or guet. — Étym. inc.

Ormel, s. m., ormeau (coquillage) : empr. fr. ormel dissimilé pour *ormer = lat. auris maris « oreille de mer » (à cause de sa forme).

Orsel, s. m., burette, fiole. Empr. fr. ancien orçuel > orseul[3].

Ouf (V.), s. m., coin, détour, golfe. Empr. fr. golfe > *gwolf > *wolf > *wouf > ouf (le dernier sens serait le primitif ). — Conj.

Ouc’h, prép., variante de ouz. V. ce mot.

Oujen (V.), s. m., entremetteur : abstrait d’empr. fr. ancien vochier > vougier, « appeler, sommer, dénoncer, assigner ». Cf. juben.

Ounézer, s. m., crasse de la peau : semble altéré pour annézer (Le Pell.) ;

  1. Ainsi oc’h éva signifie « vers boire, à boire », et par conséquent « en buvant », comme en lat. bibendo.
  2. La forme a fait prendre le mot pour on pluriel.
  3. Venu de lat. urceolus. Le Bas-Maine a encore orsoel Dn.