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PENDOGI-PENVERS

Pendôgi, vb., culbuter : dér. du précédent : et cf. pendolok[1].

Pendolok, s. m., têtard, cf. mbr. penndolein « étêter »[2] etc. : les composants sont penn, et l’équivalent br. du cymr. tol-i « écourter » lequel répond à une forme hypothétique gallo-lak *tàliàre (> f r. tailler).

Penduen, s. f., roseau à tête noire : ) dér. de penn-du.

Penduik, s. m., mésange : ) V. ces deux mots.

Pengamm, s. m., torticolis. V. sous penn et 2 kamm.

Pengap, s. m., garniture du bout du fléau : exactement « tête du bout ». V. sous penn et kab, et cf. penvestr.

Pengenn, s. m., sillon, arpent, mbr. penguen. — Étym. inc.[3]

Penglaou, s. m., mésange. V. sous penn, glaou et penduik.

Pengoat, s. m., massue, mbr. pengot altéré par étymologie populaire (cf. koat) de penn-scod « tête de souche ». V. sous penn et skôd. — Ern.

Penn, s. m., tête, pièce [de bétail], corn. et cymr. pen, gaul. *pennos dans Πεννο-ούινδο-ς (Penno-ouindo-s) ; et le nom des Alpes Penn-ines, vir. cenn cend, ir. et gael. ceann id. : d’un celt. *qenno-, sans équivalent sûr.

Pennaoui, vb., glaner : dér. de penn, employé par ellipse pour penn-éd « tête de blé > épi de blé »[4] (on les glane un à un).

Pennaska, vb., entraver. V. sous penn et nask[5].

Pens, s. f., fesse. Empr. fr. altéré et nasalisé[6]. Cf. behdel.

Pensac’h, s. m., abcès, tumeur, goitre : soit « poche en forme de tête » ou « poche unique ». V. sous penn, pennaoui et sac h.

Pensac’hen, s. f., cervelas : dér. du précédent.

Pensaouta, vb., courir çà et là[7], extra vaguer. V. sous penn et saout.

Pensé, s. m., bris, naufrage : pourrait se rattacher au suivant.

Pensel, s. m., pièce de rapiéçage : paraît dér. d’une forme nasalisée de péz. V. ce mot ; mais cf. fr. (picard) r’pincheu « rapiéceur ».

Penvers, adj., opiniâtre (on dit aussi kil-vers) : soit « tête à l’envers » composé de penn et d’empr. lat. versus « tourné ».

  1. Les têtards sont très frétillants et culbuteurs.
  2. « Étèté », d’où « tète sans corps » : les sens se concilient.
  3. On l’a rapporté au radical de daspun, soit « assemblage » (Ern.) ; en tout cas, Tir. cuing « joug » n’a rien à voir ici, si, comme il est probable, il vient du lat. conjutir gère (Mcb.).
  4. On sait que le mot penn a couramment le sens d’à unité ».
  5. « Attacher la tête d’un animal à l’un de ses pieds ».
  6. L’f pris pour une mutation forte dans la liaison hé fens.
  7. À la façon d’une seule bête égarée du troupeau.