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AMERC’H-AMPAFAL

signifie « fait de reconduire à part, isolément, tout particulièrement m, par suite « avec grand honneur », en tant qu’il contient, à la suite d’un préfixe, le radical verbal du n. pr. gaul. Abrincaiui, dont le sens « apporter, amener » résulte à l’évidence du germanique *bringan, got. briggan, ag. to bring, al. bringen, etc. [1].

Amerc’h (V.), s. m., dissimilé pour armerc’h. V. ce mot.

Amézek, s. m., voisin, mbr. amneseuc. Ce dernier mot se ramène sans difficulté à un celt. *ambi-neds-āko-, dont on trouvera les éléments composants sous 1 *am- et nés, avec l’adjonction d’un suffixe d’adjectif fort commun en celtique.

Amgroaz, s. f., fruit de l’églantier (rosier sauvage), mbr. amgros et agroasen. Cette dernière forme paraît la plus pure, en tant qu’on peut la ramener à un lat. agrestis « sauvage », ou mieux à un bas-lat. *acrensis dér. de âcer « âcre »[2]. Cf. égras.

Amhéol, s. m., crépuscule : exactement « absence de soleil », préf. am- et héol. V. ces mots.

Amc’houlou, s. m., ténèbres : originairement « contre-jour ». V. sous am- et goulou.

Amiégez, s. f., sage-femme : dér. essentiellement br. d’un radical AM, qui semble un terme de caresse enfantine commun à un grand nombre de langues indo-européennes[3], ir. ammait, « nourrice, vieille femme », lat. amita « tante paternelle », al. amme « nourrice », heb-amme « sage-femme », etc.

Amouka, vb., tarder : à décomposer en *am-ouk-qff, soit le même radical verbal que dans dougen, précédé du préf. *am- avec sens négatif ou atténuatif[4]. V. ces mots.

Ampafal, amparfal, amparval, s. m., lourdaud. Le mbr. a des formes amparfaret et ampafalek « tâtonnant », qui relèvent de la juxtaposition du préf. péjoratif *am- avec palf. V. ces mots, et cf. mbr. pa/ala « tâtonner ». Mais la forme actuelle la plus usitée a sans doute été comprise

  1. Ce radical, qui ne se trouve qu’en celt. et en germ., est sans doute à son tour une amplification spéciale de la rac. BHER a porter ». V. sous kémérout.
  2. La première syllabe aurait pris la forme du préfixe négatif en vertu d’une vague notion d’étymologie populaire, am-groaz étant en quelque façon interprété par *am-rôz « [fruit] qui n’est pas [celui d’un vrai] rosier ». Le vocalisme inaltéré se retrouve dans le Bas-Maine : ékrō « épine de l’églantier », et égrasiyáo « églantier » Dn.
  3. Et auquel se rattachent vraisemblablement, tant le lat. amure que les formes réduplicatives *marna, qui presque partout désignent « la mère » dans la bouche des enfants.
  4. Comme qui dirait « tourner autour [du pot] ».