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KÀS-KE

3 Kas, vb., envoyer, porter, conduire. Empr. fr. (normand) casser = fr. chasser « pousser devant soi », du bas-lat. capiiàre.

Kastisa, vb., punir. Empr. lat. savant castigâre.

Kastréjenn, s. m., nerf de bœuf (aussi kastr tout court) : contient un radical gallo-lat. *castrum « pénis », qu’il faut sans doute reconnaître à la base du lat. castràre « châtrer ». Cf. kalken- et éjenn.

Kava, vb., creuser : dér. de kav variante de kaô.

Kavaden, s. f., trouvaille : dér. de kaout. V. ce mot.

Kavala, vb., insulter (traiter de rosse ?) : dér. de mbr. caoall, « roussi n, bidet », cymr. cafalL Empr. lat. caballus. — Conj.

Kavan, s. f., corneille, chouette : variante de kaouan.

Kavas, s. m., fourchon d’un arbre (endroit où l’on peut s’y asseoir) : abstrait de kaoazez = koazez. V. ce dernier mot.

Kavel, s. m., berceau, corbeille, nasse, vbr. cauell ; cf. gael. cabhuil « nasse ». Empr. bas-lat. cavellum « petit creux », dimin. de cavum.

Kavout, vb., prononciation lente de kaout. V. ce mot.

Kaz, s. m., chat, corn. et cymr. cath y ir. et gael. cat, gaul. Cattos n. pp. ; cf. lat. caitus > fr. chat, probablement emprunté au celtique[1].

Kazarch, s. m., grêle, corn. ceser, cymr. cesair, ir. casair id., et gael. casair « tempête » : soit un celt. *kassri-[2], pour *kad-tri- « chute », de même rac. que lat. cad-ere ; sans autre équivalent.

Kasek, s. f., jument, corn. casec, cymr. caseg id. : peut-être originairement « [cheval] de prix » (celt. *kassi-ko-). V. la note sous 2 kaer.

Kaiel, s. f., aisselle, corn. casai, cymr. cesail id. : soit un celt. *koks-ali-, dér. du mot correspondant à sk. kàkça « aisselle », zd ka$a « aisselle », lat. coxa, « cuisse, hanche »[3], ir. coss « pied », cymr. coes « jambe », etc.

*Ke-, préfixe impliquant originairement conjonction, groupement, accession, parfois avec un sens très effacé : l’une des nombreuses formes que peut revêtir en breton, lepréf. celt. *ko- et *kom-, corn. co- y ce- etceo-, cymr. cy- et cyf-, ir. co- et càm-, gaul. et lat. co- et corn- (con-) y cf. la prép. lat. cum « avec ». Les autres formes, suivant la liaison qu’elles commandent, sont ka- t kan-, kav-, kef-, kem-, keAo-, keo-, ko-[4], etc.

  1. Ag. cat et al. katze sont empruntés au latin.
  2. La finale bretonne, complètement isolée, procède de la contamination avec erc’h « neige ». — Ern.
  3. On sait combien les noms de parties du corps sont sujets à être pris l’un pour l’autre.
  4. V. la plupart des mots commençant par ces syllabes. — Le préf. copulatif got. ga- = al. ge- est peut-être de même famille.