Page:Hermès Trismégiste, 1866, trad. Ménard.djvu/109

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sentés comme de véritables Dieux sur la terre ; leurs âmes, d’après l’auteur, sont d’une autre espèce que celles des autres hommes.

Il existe une autre cosmogonie hermétique, mais beaucoup plus courte, intitulée le Discours sacré. Le titre de ce discours pourrait faire croire qu’il se rattache au Livre sacré, mais le style est tout autre ; le Discours sacré n’a rien de grec, il est même incorrect, et ce pourrait bien être une traduction. On y lit cette phrase, qui se trouve sous la même forme dans le Poimandrès : « Croître en accroissement et multiplier en multitude. » Le ton général rappelle les formes hébraïques ; mais par l’ensemble des idées ce morceau est plutôt égyptien que juif. Les Dieux des astres interviennent dans la création ; leur action est même plus directe que celle du Dieu suprême, qui n’a qu’un caractère abstrait et impersonnel. Plutarque et Ælien nous disent que dans la cosmogonie égyptienne les ténèbres précèdent la lumière ; nous retrouvons ici la même idée : « Il y avait des ténèbres sans limite sur l’abîme, et l’eau, et un souffle subtil et intelligent contenu dans le chaos par la puissance divine. Alors jaillit la lumière très-