Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/13

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prendre qu’il serait important de posséder aussi la collation de tous les manuscrits renfermés dans les diverses bibliothèques publiques de l’Europe. Par ce moyen, la critique philologique aurait sous la main tous les éléments essentiels à la discussion ; ce que peuvent donner les manuscrits, serait connu et apprécié, et l’on mesurerait mieux ce qui reste permis à la conjecture. Aussi je n’aurais pas hésité, si ma position personnelle me l’eût permis, à me procurer les variantes fournies par toutes les bibliothèques. J’ai réparé, autant que faire se peut, cette lacune, en consignant les variantes qui ont été publiées dans différentes éditions, et qui ne m’étaient pas données d’ailleurs, par les manuscrits ici à ma disposition.

Mon but a été de mettre les œuvres hippocratiques complètement à la portée des médecins de notre temps, et j’ai voulu qu’elles pussent être lues et comprises comme un livre contemporain. Deux difficultés principales s’y opposaient : la première gisait dans des théories antiques, qui, depuis longtemps, ont cessé d’être familières aux esprits, et dont l’intelligence est nécessaire pour l’intelligence d’une foule de passages ; la seconde était dans l’emploi d’une ancienne langue médicale où les mots ont quelquefois une acception mal déterminée, et quelquefois aussi une acception trompeuse, attendu qu’ils ont changé de signification en passant dans le langage moderne. Pour remédier à la première difficulté, j’ai, en tête de chaque traité, exposé, dans un argument, ce qui peut être nécessaire à l'intelligence