Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/184

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la Collection hippocratique, qu’aient pu avoir les renseignements divers que j’ai énumérés plus haut. 11 a été possédé par l’antiquité, et, si nous le possédions, ce serait un trésor d’éclaircissements concernant les livres qui portent le nom d’Hippocrate. Galien ne nous en a conservé que l’indication ; mais cette simple indication mérite d’être examinée avec soin. « Si vous voulez connaître les opinions des anciens médecins, dit Galien [1] , vous n’avez qu’à lire les livres de la Collection médicale attribués à Aristote, mais qui sont reconnus pour avoir été composés par Ménon, son disciple ; aussi quelques-uns leur donnent-ils le nom de Livres ménoniens. Il est évident que ce Ménon, ayant recherché avec soin les anciens livres médicaux conservés de son temps , y a puisé les opinions de leurs auteurs : mais il n’a pu consigner , dans son ouvrage , les doctrines renfermées en des livres qui avaient été détruits, ou qui , bien qu’existant encore, n’avaient pas été vus par lui. Vous ne trouverez, dans cet ouvrage de Ménon, aucun médecin qui, de la bile jaune ou de la bile noire , ou du phlegme , fasse l’élément unique du corps humain. Plusieurs médecins, même après Hippocrate , paraissent admettre , comme élément unique en nous, le sang , auquel ils attribuent la première formation de l’embryon , son accroissement dans la matrice , et son développement complet après la naissance ; mais Hippocrate a écrit que quelques-uns pensaient que le corps humain était ou tout bile , ou tout phlegme, et il ne se serait pas exprimé ainsi, s’il n’y en avait pas eu de son temps, ou avant lui, qui eussent émis cette opinion. » Si ce livre était parvenu jusqu’à nous, ou si Galien l’avait discuté pour établir ce qui , en fait de doctrines , était le

  1. Tome V, p. 4, Ed. Basil.