Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/25

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même temps des écoles où l’on s’instruisait dans la science médicale, et les plus connus à cet égard, dans les temps qui précédèrent immédiatement Hippocrate, furent ceux de Cyrène, de Rhodes, de Cnide et de Cos. Les écoles de Rhodes et de Cyrène s’éclipsèrent de bonne heure, et il ne reste aucun monument médical que l’on puisse y rapporter. Mais celles de Cos et de Cnide acquirent beaucoup d’illustration, et elles ont joué un grand rôle dans la médecine.

L’école de Cnide doit être nommée d’abord ; car c’est d’elle qu’est sorti le premier livre que nous puissions attribuer avec quelque sûreté aux Asclépiades ; et l’un des plus importants écrits d’Hippocrate est dirigé contre ce livre, intitulé : Sentences cnidiennes[1].

Le plus ancien des Asclépiades cnidiens que l’on connaisse est Euryphon, contemporain d’Hippocrate, mais plus âgé que lui. Regardé comme l’auteur des Sentences cnidiennes, il est cité par Platon le Comique ; ce poète, introduisant Cinésias au sortir d’une pleurésie, le représente maigre comme un squelette ; la poitrine pleine de pus, les jambes comme un roseau, et tout le corps chargé des eschares qu’Euryphon lui avait faites en le brûlant[2]. Cette mention d’Euryphon par un poète contemporain, est la preuve qu’il jouissait alors d’une réputation populaire. Il est encore cité par Rufus, par Cœlius Aurélianus et par Galien[3], qui dit même qu’on lui attribuait quelques-

  1. Αἰ Κνίδιαι γνῶμαι.
  2. Μετὰ ταῦτα δὲ Εὐαγόρου ὁ παῖς ἐκ πλευρίτιδος Κινησίας σκελετὸς, (ἔμπυος ?) καλάμινα σκέλη φορῶν, φθόης προφήτης, ἐσχάρας κεκαυμένος πλείστας ὑπ’ Εὐρυφῶντος. Gal. t. v, p. 322, Basil.
  3. Tom. v, p. 43, Basil.