Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/277

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« d’autres; que, si ce vent prédomine encore davantage, les fièvres suivent les chaleurs et les pluies. » Cela est évidemment mal arrangé; les fièvres ne peuvent suivre les chaleurs et les pluies qu’autant que le vent du midi règne , et non le vent du nord. On a la clef de ces erreurs si l’on se reporte aux Aphorismes, p. 392. Là, en effet, est détaillé ce qui n’est qu’en extrait dans le traité des Humeurs; et l'on y trouve l’exposition nette des différents vents. Galien, dans son Commentaire sur le traité des Humeurs remarque, de son côté, que la chose est mieux dans les Aphorismes[1] .

On peut conclure de ce fait que la compilation appelée des Humeurs a été faite après les Aphorismes, et, en partie du moins, sur les Aphorismes.

Nous n’avons guère, je l’ai déjà dit, que les jugements des critiques anciens sur l’authenticité de tel ou tel écrit hippocratique, mais nous n’avons pas leurs motifs. Néanmoins , dans le courant de la discussion se sont présentés certains faits qui, d’eux-mêmes, sont venus concorder avec ces mêmes jugements, et qui ont rattaché l’une à l’autre l’ancienne et la moderne critique. Ici encore le même résultat est obtenu, et les recherches consignées dans ce chapitre expliquent les opinions des commentateurs de l’antiquité sur quelques-uns des livres hippocratiques. Le traité des Humeurs avait été absolument rejeté par Héraclide de Tarente et par Zeuxis, attribué à un Hippocrate postérieur par Glaucias. Or il est évident, d’après la comparaison que j’ai établie, que ce traité renferme des passages textuellement copiés sur d’autres ouvrages, et que, par conséquent, il a été rédigé après ces mêmes ouvrages.

  1. Tome XVI, p. 117, Ed. Kühn.