Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/285

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étendu, qui se trouve au commencement du 2e livre des Maladies.

En cinquième lieu , parmi les traités qui forment la Collection , il en est de plus récents les uns que les autres. Cela est encore un argument en faveur de l’opinion qui admet que la Collection est restée, avant sa publication, entre les mains d’une famille ou d’une école médicale. Car, autrement, comment concevoir que des traités d’époques différentes eussent été réunis en un seul corps? Mais cela se conçoit, du moment que l’on suppose que ces livres se sont accumulés, pendant un long intervalle de temps, dans une famille ou une école. Remarquons en outre qu’il a dû exister des motifs pour que ces livres fussent dits hippocratiques; ces motifs sont : 1° que ces livres étaient restés ignorés du public médical, ignorance qui a permis de leur donner le nom d’Hippocrate, ce qui n’aurait pu se faire s’ils avaient déjà circulé sous un autre nom; et, en effet, les ouvrages de Praxagore, de Dioclès et d’Euryphon, composés pendant le même laps de temps, n’ont point été appelés hippocratiques; leur publicité eût rendu impossible tout changement de ce genre; 2° que ces livres ont d’autant plus naturellement porté le nom d'Hippocrate qu’ils sortent d’une source hippocratique, c’est-à-dire des mains de gens qui les avaient reçus, par héritage ou tradition, de quelque famille médicale ayant des liaisons avec celle du célèbre médecin de Cos. Et ici un rapprochement me frappe, c’est que, parmi les livres hippocratiques d’époques diverses, les plus récents atteignent seulement le temps d’Aristote et de Praxagore; pas un ne va jusqu’à Erasistrate et Hérophile; je l’ai montré dans le chapitre consacré à l’examen de quelques points de chronologie médicale. L’examen intrinsèque de la Collection n’est donc nulle part en contradiction avec l’examen extrinsèque;