Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/323

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constitution. C’est une pensée analogue à celle que Bacon a exprimée en disant que personne ne peut découvrir la nature d’une chose dans cette chose elle-même, mais que la recherche doit s’étendre à des objets plus généraux.

Il y a en outre, dans ce passage, un sentiment profond de la réalité des choses, et, par conséquent, la haine des hypothèses gratuites. Évidemment, Hippocrate a compris que les propriétés du corps vivant ne pouvaient être déduites, à priori, des suppositions qui avaient été faites sur la constitution présumée de ce même corps, mais qu’elles devaient être trouvées, expérimentalement, à posteriori, par l’examen des actions que chaque chose produit en lui (ο, τι άφ’εϰάστου ἑϰάστῳ συμβήσεται. Il ne veut pas que, pour apprendre la médecine, on apprenne ce qu’est l’homme suivant la direction philosophique d’Empédocle et des autres ; mais il veut que, pour apprendre ce qu’est l’homme, on étudie quels sont les rapports du corps vivant avec les aliments, les boissons, et tout le genre de vie ; et c’est de cette façon, dit-il, qu’on apprendra ce qu’est l’homme, et par quelles causes il subsiste ({{lang|grc|ἄνθρωπος τί ἐστι, ϰαὶ δι’οἵας αἰτίας γίνεται{{lang|grc|). Fermeté et rectitude admirables d’un grand esprit qui ne se laisse séduire par aucune fausse hypothèse, et qui, captivé par la contemplation de la nature, recommande de l’interroger, et non de la deviner.

J’ai prévenu, dès le commencement, en disant que la citation de Platon n’est pas textuelle, une objection que l’on est disposée faire en voyant que les expressions du philosophe : la nature de l’ensemble des choses (τῆς τοῦ ὅλου φύσεως) ne se trouvent pas dans le passage du livre de l’Ancienne médecine auquel, suivant moi, le Phèdre fait allusion. C’est ici le moment d’y revenir ; car, au point où la discussion est arrivée, on comprendra sans peine que Platon n’a nullement cité les