Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/465

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leur, toutes altérations qui coïncident avec l’amélioration.

Voici en fait ce qu’est la coction: au début d’un coryza, l’humeur qui s’écoule du nez est ténue, liquide et acre; à mesure que le mal approche de sa guérison, cette humeur devient jaune, visqueuse, épaisse, et elle cesse d’irriter les parties avec lesquelles elle est en contact. Dans une inflammation de la conjonctive, l’humeur que fournit l’œil est d’abord chaude et acre, puis elle devient épaisse et douce. Les crachats de la pneumonie, d’écumeux, de visqueux, de sanguinolents qu’ils sont d’abord, deviennent jaunes et épais quand la maladie approche d’une solution favorable. Voilà ce que les anciens ont observé, et ce qu’ils ont appelé coction. La coction est donc le changement que les humeurs subissent dans le cours d’une maladie, et qui, leur ôtant en général leur ténuité, leur liquidité et leur âcreté, leur donne plus de consistance, une coloration plus foncée, et quelques caractères qui ont été métaphoriquement assimilés au changement produit par la cuisson dans les substances.

Généralisant ces observations faciles dans quelques maladies, les anciens ont admis que la plupart des maladies avaient une coction, c’est-à-dire, une élaboration d’humeurs terminée par l’expulsion. La coction ayant été définie, il est inutile d’expliquer ce que c’est que la crudité des humeurs, car dans cette théorie cela s’entend de soi. De cette façon, l’urine est arrivée à la coction lorsqu’elle présente un dépôt. Tant que les humeurs sont crues et légères, elles flottent dans le corps, le mal est dans toute son intensité, et rien ne peut déterminer l’expulsion de ces matières nuisibles; mais, quand le travail propre à la nature en a amené la maturation, alors elles se fixent, et elles sont entraînées ou par les évacuations spontanées, ou par les évacuations artificielles. Dans cette théorie, c’est toujours une