Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/83

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une limite étroite. Il faut donc examiner avec soin les écrits anciens qui nous sont parvenus, et leur demander un complément d’instruction qui permette à la critique de porter un jugement plus précis sur l’importante question littéraire qui lui est soumise. Voici, en effet, le point de la difficulté : Les livres qui remontent à une haute antiquité , n’ont une authenticité inattaquable, dans leur existence, que lorsqu’ils sont cités dès leur origine , dans le détail de leur texte, que lorsqu’ils sont commentés. Or , l’ensemble des œuvres hippocratiques n’a été cité par personne dans l’intervalle qui sépare Hippocrate de l’établissement de l’école d’Alexandrie : et quant à son texte, cet ensemble n’a été commenté que par les disciples immédiats d’Hérophile, à part un seul traité (le Pronostic), commenté un peu auparavant. Ainsi l’existence de la Collection ne devient positive, le texte n’en devient assuré que dans la génération qui a suivi Hérophile. Cette Collection peut être plus ancienne , mais elle ne peut pas être plus moderne; c’est là une limite que j’indique d’avance , et que la suite de ce travail mettra hors de toute contestation. Maintenant, on le voit, si l’on veut pénétrer plus avant, et essayer de distinguer dans la Collection même, les écrits qui sont vraiment d’Hippocrate, ce sont les témoignages antérieurs qu’il s’agit de recueillir et de peser. Ils ne porteront pas, il est vrai, sur l’ensemble de la Collection, mais ils porteront sur quelques livres en particulier ; et ces livres fourniront un point fixe à la critique.