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sentement de tous les religieux de Clairvaux, comblait les vœux de la communauté des rives du lac du Bourget, qui avait demandé cet abbé.

C’était en 1139 : l’état de l’abbaye d’Hautecombe « levait changer notablement sous l’administration d’Amédée. Il parait qu’il voulut tout d’abord régulariser et s’assurer par titre la possession des terres occupées par les moines, et qu’à cet effet, il demanda au comte Amédée III la confirmation de cette occupation. Tel fut vraisemblablement le motif qui amena le pieux comte de Savoie à signer cette charte que l’on regarde comme la charte de fondation de l’abbaye d’Hautecombe, bien qu’elle ne fît que confirmer un état de choses préexistant.

L’original n’en a pas été conservé. Deux anciens auteurs l’ont publiée, Delbene et Guichenon : le premier la donne telle qu’il l’a lue dans les archives d’Hautecombe, sans se permettre aucune correction[1]. Guichenon, qui écrivit l’histoire de la Maison de Savoie trois quarts de siècle plus tard, a reproduit cette charte avec quelques variantes dans le texte et en y ajoutant la date erronée de 1125, comme nous l’avons vu[2]. Voici la traduction de la leçon de Delbene, que nous reproduisons textuellement aux Documents, n° 3 :

« Moi, Amédée, comte de Savoie, avec le suffrage de mon épouse, je donne à Dieu et à la bienheureuse Marie, à Amédée, abbé d’Hautecombe, et à ses frères du même lieu, tant présents que futurs, sans aucune restriction frauduleuse, la terre allodiale que j’ai ou que j’ai le droit d’avoir, sur la rive du lac de Châtillon, comprenant près.

  1. De Origine familiæ cistercianæ et Altacombæ ; Chambéry, 1594. Lettre déjà citée.
  2. Suprà, p. 33 et 34.