Page:Histoire des choses mémorables, sur le fait de la religion chrétienne.djvu/92

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
HISTOIRE DES

tion, qu’ils n’enteprennent preſque voiage aucun, ou faction, (ce qui leur eſt pourtant d’ordinaire) qu’ils n’emmeinent quelqu’vn d’iceux en leur troupe, pour les ouir de Canfeſſion, & auec le Crucifix en main les animer & accourager à bien faire, quand les occaſions ſe preſentent de combattre. Et combien que ces Percs achetent bien cherement, & auec le danger de leur vie, & vne infinité de trauaux ceſte reputatiõ qu’ils ont de s’acquiter ſainctement de leur charge, ſi ne ſe contentent ils pourtant de travailler en vn endroit, mais quelque part que l’eſperance reluit d’y pouuoir auancer la beſongne celeſte qu’ils ont en main, ils ne plaignent labeur aucũ, quoy qu’il leur deuſt couſter la vie. D’auantage en ceſte prouince de Damana, pluſieurs Mores ſe conuertiſſant à la foy Catholique, & entre les autres vne Dame, fort noble, mariée à vn More, qui auoit eſté autre fois Gouuerneur de Damana, laquelle ſe rendit à l’egliſe Chreſtienne, abiurant les erreurs Moreſques au grand eſtõnement de ſes parens, & amis, ſans que par leurs cantelles & allechemens ils la peuſſent oncques diſtraire de ſa ſaincte entreprinſe. Et iaſoit que l’embaſſadeur du Prince de Barocha importuné par les prieres de ſon mari, vinſt vers elle, & que le Gouuerneur pour le Roy de Portugal, bien aſſeuré de la conſtance de la Dame, luy