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tion d’avoir su concilier le caractère ferme des anciens Romains avec la politique souple et adroite des modernes : sa mort fut pleurée par les peuples et par les rois. Charlemagne composa son épitaphe en vers élégiaques, et la fit graver sur le marbre en lettres d’or. C’était un juste retour des éloges que lui avait donnés Adrien dans une espèce de poëme dont chaque vers commence par une lettre du nom du monarque. [Enc. des g. du m.]

Anastase, In vit. Pontif. — Eginhard, In vit. Caroli Magni. — Sigebert, In Catal., c. 79. — Baronius, le P. Sirmond, etc.

ADRIEN II, 105e pape, succéda à Nicolas Ier en 867, et mourut à la fin de 872. Il avait déjà refusé deux fois la papauté, et ne fut sacré que malgré lui. Il rompit avec Photius au sujet de la juridiction qu’ils prétendaient tous deux exercer sur la Bulgarie ; et bientôt après il se brouilla avec l’empereur Basile, et même avec le patriarche Ignace, qui avait rétabli trop légèrement les partisans de Photius. Il communia de sa main le roi Lothaire II, qui avait fait le voyage du mont Cassin pour faire lever l’excommunication dont l’avait frappé Nicolas Ier, à cause de son divorce avec Theutberge. Dans sa partialité pour Louis II, il menaça d’excommunier Charles le Chauve, qui s’était emparé d’une partie de la succession de Lothaire ; mais la fermeté des évêques et du roi arrêta l’impétuosité de son zèle. Cela n’empêcha pas ce pontife de se déclarer en faveur de Carloman, qui s’était révolté contre son père, et de citer à son tribunal les évêques de France qui tenaient une conduite opposée. Ce fut à cette occasion que Hincmar, archevêque de Reims, composa pour le roi une lettre intéressante sur les libertés de l’Église gallicane, et qui produisit un bon effet sur l’esprit du pape. Adrien avait des vertus et des lumières ; mais il était trop infatué des prérogatives de son siége. Il convient néanmoins, dans une décrétale au concile de Constantinople, qu’il est permis aux évêques d’accuser, de juger et de condamner le pape pour cause d’hérésie. [Enc. des g. du m.]

Anastase, In vita Nicol. — Claconius du Chêne, Vie des Papes. — Baronius, In Annal. — Panvinio, Vite dei Pontifici. — Bassi, Storia d’Italia.

ADRIEN III, 108e pape, succéda à Marin en 884. C’est le premier pape qui ait changé de nom ; il s’appelait Agapil avant son exaltation. Martin, Polonais, lui attribue un décret portant que l’empereur ne se mêlerait point de l’élection du pape. Il mourut en 883, après un règne de dix-huit mois.

Du Chêne, Vie des Papes. — Baronius, Panvino, Bassi.

ADRIEN IV, 166e pape, Anglais de naissance, succéda, le 3 décembre 1154, à Anastase IV, et mourut le 1er septembre 1159. Après avoir mendié dans sa jeunesse, et épuisé toutes les rigueurs de la fortune, il parvint à la papauté à force de mérite. Il lança un interdit sur la ville de Rome,


parce que des sectateurs d’Arnaud de Bresce avaient blessé le cardinal Gérard dans la rue Sacrée. En 1153, il obtint de l’empereur Frédéric 1er que ce même Arnaud de Bresce lui serait livré pour être jugé et condamné par les cardinaux. Cela fait, le pape va trouver Frédéric à Sutoi, et l’oblige, après deux jours de contestations, à lui tenir l’étrier ; de là il se fait accompagner à Rome par Frédéric, qu’il couronne empereur dans l’église de Saint-Pierre. Il reprend alors le cours de ses démêlés avec Guillaume 1er, roi de Sicile, soulève ses sujets contre lui, et se met lui-même à la tête d’une armée pour aller le combattre. En 1136, Guillaume, réduit à l’extrémité, demande la paix au pape, qui la lui refuse à l’instigation des cardinaux. Mais bientôt la fortune change : les affaires de Guillaume prennent une meilleure face, et Adrien est obligé à son tour de solliciter la paix, qui lui est accordée à des conditions plus douces qu’il ne devait l’espérer. Une lettre hautaine adressée à Frédéric II le brouilla de nouveau avec cet empereur ; révolté de ce que le pape prétendait lui avoir donné la couronne impériale, Frédéric renvoie outrageusement les légats. Le pape se radoucit ; mais les brouilleries ne tardent pas à recommencer, et dès ce moment les longs démêlés du sacerdoce et de l’empire au sujet des investitures prennent naissance. C’est à Adrien que remonte l’origine des mandats ; il est aussi l’auteur des dispenses pour les cumuls ecclésiastiques et la résidence des bénéficiers. [Enc. des g. du m.]

Guillaume de Tyr, liv. XVIII, ch. 26. — S. Thomas de Cantorbéri, L 1, Epist. 24. — Guillaume de Neubrige, liv. II, ch. 6. — Baronius, Pitscus, Aubert, du Chêne. — Platina, Vita Pontificum. — Rossi, Storia d’Italia. — Giannone, Storia civile di Napoli. — Bartoli, Vita di Federigo Barbarossa. — Bower, History of the Popes.

ADRIEN V, 181e pape, élu le 11 juillet 1216, mourut un mois après ; il était Génois de naissance, et se nommait Ottoboni.

Martin Polonus, Onuphre, Sponde, A. C. 1178, n. S. — Du Chêne. — Platina, Vitae Pontificum.

ADRIEN VI, 215e pape, né à Utrecht en 1459, mort le 14 septembre 1523. Il occupa le siége de Rome après Léon X le 9 janvier 1522, et fut successivement chanoine de Saint-Pierre, professeur de théologie, doyen de l’église de Louvain, vice-chancelier de l’université, précepteur de Charles Quint, ambassadeur auprès de Ferdinand le Catholique, évêque de Tortose, cardinal et seul gouverneur de la monarchie espagnole en l’absence du souverain. Le peu de talents qu’il avait montrés pendant son gouvernement ne donnait pas une haute idée de la politique qu’il suivrait après son avénement, et les Romains prétendent qu’il a justifié toutes les craintes qu’on avait à cet égard. Cependant il se montra économe, modeste, simple dans ses mœurs, et ami des savants. Il disait, dans les instructions qu’il donna au nonce François Chérégat, qu’il envoyait à la diète de Nuremberg : « Avouez ingénument que Dieu a