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permis ce schisme et cette persécution à cause des péchés des hommes, et surtout de ceux des prêtres et prélats de l’Église… ; car nous savons qu’il s’est passé dans ce saint-siége beaucoup de choses abominables, des abus dans les choses spirituelles, et des excès dans les ordonnances et les décrets qui en sont émanés, etc. » Il avait coutume de dire qu’il « fallait donner les hommes aux bénéfices, et non pas les bénéfices aux hommes. » Ses choix furent toujours conformes à cette sage maxime. On grava sur son tombeau l’épitaphe qu’il avait faite lui-même : Adrianus VI hic situs est, qui nil sibi infelicius in vita, quam quod imperaret, duxit. Adrien avait enseigné, quand il était professeur en théologie, qu’un pape peut errer, même dans ce qui appartient à la foi ; et il ne désavoua pas cette doctrine quand il fut pape lui-même. Il l’avait consigné dans son Commentaire sur le quatrième livre des Sentences ; Paris, 1512, in-fol. Il a composé : Questiones quod libelicæ, in-18, 1531 ; et Regulæ cancellariæ, Romæ, 1526, in-8°. Gaspard Burmann a publié la vie de ce pape éclairé ; Utrecht, 1727. [Enc. du g. du m., avec add.]

Onuphre et Ciaconius, in Vit. Pontif. — Bellarmin, Descrip. eccl. — Possevin, in Apparat. — Valère André, Bibl. Belg. — Le Mire, in Bibl. eccl. et elog. Belg. — Sponde, in Annal. — Du Chêne, Vie des Papes. — Gaspard Burmann, Analecta historica de Hadriano VI ; Traj. Ad Rhen., 1724, in-4°. — Librecht. Danz. Programmata II : Analecta critica de Hadriano VI, P. M. ; Jen., 1813, in-4°. — L. E. Bosch. Jets over paus Adraan VI ; afkomst en Korts levenschets van Dien Utrechtenaar ; Utrecht, 1836.

ADRIEN, surnommé le Chartreux (Carthusianus), habitant, en 1410, la Chartreuse, près de Gertruidenberg, a laissé un ouvrage que l’on a souvent confondu avec un traité de morale de Pétrarque, et qui a pour titre : Liber de remediis utriusque fortunae, prosperae scilicet el adversae, per Adrianum, quondam poetam praestantem, nec non sacrae theologiae professorem ; Cologne, in-4°, sans date (vers 1470) : livre très-rare.

Brunet. — David Clément, Bibliothéque curieuse.

* ADRIEN (Emmanuel), célèbre joueur de luth, vivait à Anvers dans la seconde moitié du seizième siècle. Il a publié un ouvrage aussi rare que curieux, sous le titre : Pratum musicum ; Antwerp., 1592, in-4°. C’est un recueil de chansons, d’airs, de motets, et d’autres échantillons de la musique du seizième siècle.

ADRIEN, dernier patriarche de toutes les Russies, mort en 1702. Il avait été auparavant métropolitain de Kasân, et eut la douleur, pendant son pontificat suprême, de voir le siége patriarcal déchoir de son ancienne élévation, et perdre successivement plusieurs des priviléges que la piété des prédécesseurs de Pierre le Grand lui avait reconnus. Quand ce czar, terrible dans aes vengeances, décima les strélitz et inonda de sang les rues de Moscou, le patriarche Adrien eut le courage d’aller en procession vers


lui, de lui présenter l’image miraculeuse de la sainte Vierge de Vladimir, et d’implorer la grâce des coupables. A sa mort, Pierre le Grand s’opposa à ce qu’il fût remplacé : son esprit de domination exclusive, justifié sans doute par les circonstances, ne permit point de partager le pouvoir et l’influence sur le peuple orthodoxe avec le patriarche, dont il avait commencé par affaiblir l’autorité, et qu’il fit ensuite tourner en ridicule dans des parodies jouées à Moscou. Il déclara au clergé russe que désormais il serait lui-même son chef, et qu’il réunirait la dignité patriarcale avec celle de sa couronne ; il nomma en même temps un administrateur du patriarcat, et institua pour le remplacer, en 1721, le saint synode. C’est ainsi que l’Église russe perdit son chef spirituel. Le patriarcat avait duré cent quatorze ans depuis l’exaltation de Job, sacré en 1588 par Jérémie, patriarche de Constantinople, et dont Adrien fut le neuvième suecesseur. [Enc. des g. du m.]

Karamsin, Histoire de la Russie.

ADRY (Jean-Félicissime), savant bibliographe et oratorien, né en 1749 à Vincelotte, village de Bourgogne, mort à Paris le 20 mars 1818. Il était bibliothécaire de la maison de l’Oratoire, et l’un des collaboratcors du Magasin encyclopédique. Il a rédigé un grand nombre de catalogues, et donné plusieurs éditions d’ouvrages anciens et modernes avec des préfaces et des notes. Outre ces travaux, on a de lui quelques brochures estimées : Notice sur les imprimeurs de la famille des Elzivirs, sept. 1806, ext. du Mag. encyclop. ; — Notice sur le P. Houbignaut, ibid. ; — Tableau des écoles de philosophie chez les Grecs, 1808 ; — Examen des nouvelles fables de Phèdre, 1812, in-12 ; — Histoire littéraire de Port-Royal ; — Vie du P. Malebranche ; — Histoire raisonnée des Ana.

Millin, Annales encyclopédiques, an 1818, t. II, p. 321-323. — Biographie des hommes vivants. — Quérard, la France littéraire.

* ADRYAN (Albin), savant et poëte polonais, né vers 1490, mort à Cracovie vers 1540. Originaire de la Luzace, ancien pays slave, il étudia à l’université de Cracovie, et y acquit une grande réputation littéraire. Il laissa plusieurs poésies, qui ont été publiées dans les ouvrages d’autres poëtes polonais. L. Ch.

Juszynski, Dictionnaire des poëtes polonais ; Cracovie, 1810, 1 vol. in-8.

ADSON (Héméric ou Henri), né au commencement du dixième siècle près de Saint-Claude dans le Jura, mort en 992. Il était abbé de Luxeuil en 960 ; on a de lui la vie et les miracles de saint Valbert, troisième abbé de Luxeuil, mort en 665, qu’il ne faut pas confondre avec le comte Valbert, père de saint Bertin. On a encore d’Adson un traité de l’Antechrist, adressé à Gerberge, femme de Louis d’Outre-mer, qui avait demandé à l’auteur des éclaircissements à