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ABAD — ABAILARD

la domination des Arabes, t. IT, p. 200. — Conde, Histoire de la domination des Arabes.

* ABADIA (François-Xavier), général espagnol, né à Valence (Espagne) en 1774, mort vers 1830. Chef d’état-major de l’armée insurrectionnelle de la Manche lors de l’occupation française, il se retira avec les débris de ce corps à Cadix, où il obtint le grade de maréchal de camp, après avoir tenu pendant quelques jours le portefeuille du ministère de la guerre. En 1812, Abadia fut investi du commandement de l’armée de Galice, qu’il avait organisée. Après le rétablissement de Ferdinand III sur le trône d’Espagne, il fut nommé lieutenant général, et chargé de l’inspection des troupes réunies à Cadix pour l’expédition de l’Amérique espagnole.

* ABAD Y QUEYPEO (Manuel), évêque espagnol, né dans les Asturies vers 1775 (on ignore l’époque précise de sa mort). Il passa au Mexique, après avoir embrassé l’état ecclésiastique. Il était juge des testaments à Valladolid de Méchoacan, lorsqu’en 1808 il fut envoyé en Espagne, avec la mission de solliciter l’abrogation ou du moins la suspension du décret qui affectait les revenus des capellanias au trésor de l’État. Ayant obtenu ce qu’il demandait, il retourna en Amérique ; et là, vers la fin de 1809, il fut nommé évêque de Méchoacan. Bientôt après éclata l’insurrection de la Nouvelle-Espagne. Abad fut du parti de la résistance. Réduit à quitter son diocèse, il se réfugia à Mexico ; et lorsqu’ensuite les événements lui permirent de rentrer à Méchoacan, on ne le vit occupé qu’à ramener les esprits à la modération. Les royalistes ne lui pardonnèrent pas cette conduite, et l’accusèrent de déserter leur parti. À peine la restauration de Ferdinand en eut-elle été proclamée, qu’Abad y Queypeo, qui s’était prononcé ouvertement contre l’inquisition, fut révoqué de son siège, embarqué pour l’Espagne, et retenu captif à Madrid. Pendant qu’on instruisait son procès, il trouva le moyen de pénétrer auprès du roi, l’entretint quelques instants, et non-seulement rentra en grâce, mais fut presque aussitôt nommé ministre de la justice. Cependant, la nuit même qui suivit cette nomination, Abad fut arrêté de nouveau sur un ordre du grand inquisiteur, et enfermé dans un couvent. Il y attendait sa sentence, lorsque les événements de 1820 le rendirent à la liberté. Il fut élu membre de la junte provisoire de gouvernement créée jusqu’à l’installation des cortès, et plus tard il fut nommé évêque de Tortose. La révolution de 1823 le trouva dans cette situation. Arrêté une troisième fois comme justiciable de l’inquisition, il fut alors condamné à six ans de réclusion. Il mourut dans sa captivité. (Enc. des g. du m.)

ABAFFI ou APAFI (Michel), prince de Transylvanie, né vers le commencement du dix-septième siècle, mort à Weissembourg en avril 1690. Il fut élu en 1661, sur le choix d’Ali-Pacha, chef des armées du sultan Mohammed IV. Pendant la trêve conclue avec l’Autriche, il régna paisiblement sous la protection de la Porte, et acquit même les villes de Clausenbourg et de Zathmar. Il demeura fidèle à la puissance ottomane jusqu’au siége de Vienne, en 1683. La fortune étant changée, Abaffi fit un traité avec l’empereur en 1687, qui devait lui assurer l’autorité précédemment garantie par le Grand Seigneur ; c’était un traité d’alliance défensive entre les Impériaux et les Transylvains. — Son fils Michel (né en 1677, mort à Vienne le 1er février 1713) lui succéda, et fut reconnu par l’empereur comme prince de Transylvanie. Le comte Tékéli, aidé des Turcs, lui disputa cette principauté ; il s’empara de plusieurs places en 1690. Pendant la même campagne, le grand vizir Cuprigli battit l’armée impériale et reprit plusieurs places, telles que Nissa, Widdin, Semendria, Belgrade, etc. Les troubles intérieurs de l’empire turc empêchèrent le comte Tékéli de conserver sa domination en Transylvanie, et les Impériaux reprirent tout ce qu’ils avaient perdu dans cette principauté, qui leur demeura définitivement acquise par la paix de 1698. L’empereur d’Autriche ayant trouvé le moyen d’attirer à sa cour le jeune prince Michel Abaffi, l’obligea de renoncer à ses droits de souveraineté, et de vivre à Vienne avec une pension de quinze mille florins.

Buday Esaias, Magyard Orszag historiaja ù mostani idökig Harmadik kiadas, t. 111, 8, etc. — Vollständiges Universal-Lexicon, I, 41. — Œsterreichisches-National-Encyclopædie, I, 96.

ABAGA ou ABAKA-KHAN, deuxième empereur mogol de Perse, de la race de Djenghis-Khan, succéda à son père Holakou-Khan en 1265. Il envoya des ambassadeurs au second concile général de Lyon, en 1274 ; il acheva d’enlever aux Perses toutes leurs provinces, et releva Bagdad de ses ruines. Il mourut, dit-on, empoisonné à Hamadan (en 1282), parce qu’il s’était montré favorable aux chrétiens. Il réunissait sous son empire presque toute l’Asie occidentale. Il eut pour successeur son frère Ahmed-Khan.

Hammer, Histoire des Khans mogols de Perse. — Price, Mohammedan history.

ABAILARD[1], célèbre philosophe et théologien, naquit, en 1079, au Palet (du latin Palatium, Palais), village situé à vingt kilomètres au sud-est de Nantes, et mourut à Saint-Marcel, près de Châlons-sur-Saône, le 21 avril 1142. Breton de race et de caractère, Abailard s’éprit d’une passion vive pour l’étude ; et, renonçant à la gloire militaire, il se livra tout entier à la science de la dialectique, cet art de la guerre intellectuelle, dont il préférait les combats et les trophées.

  1. Ce nom s’écrit indifféremment Abélard, Abeilard et Abailard. La dernière orthographe, qui est celle que donnent les manuscrits les plus anciens, nous parait préférable. Selon quelques étymologistes, c’est un sobriquet qui lui fut donné par Tirric, son maître de mathématiques, et qui signifie lèche-lard, de Baiolardus (bajo, i. e. lingo, et lardus). Voy. M. Ch. le Rémusat, Abélard, t. I, p. 13.