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n’avait que quatre ans lorsqu’il succéda à son père. Il fut détrôné par son oncle David, et, après la chute de l’empire de Trébizonde, il fut amené à Constantinople, et mis à mort par ordre du sultan Mohammed II.

Fallmerayer, Geschichte des Kaiserthums von Trapezunt.

ALEXIS ou ALEXIUS DRAGON COMNÈNE, général au service de la France, né vers 1553 à Péra, faubourg de Constantinople, mort le 23 janvier 1619 à Paris, où il fut enterré à l’église de Saint-Étienne du Mont. Il descendait de la famille impériale des Comnène ; il quitta sa patrie, et servit successivement dans les armées du duc de Savoie, de la république de Venise, et du pape. Catherine de Médicis le fit venir en France, et lui donna le commandement d’un corps de cavalerie. En 1590, il devint gouverneur de la province du Perche. Le dernier descendant de cette illustre famille, Joseph Comnène, mourut à Chambéry en 1784.

Du Cange, Familiæ Byzantinæ, p. 199. — Démétrius Comnène, capitaine des dragons de Louis XVI, Précis historique de la maison impériale des Comnène.

ALEXIS-MICHAÉLOWITZ, czar de Russie, et fils du czar Michel Féodorowitz, naquit le 10 mars 1629, et mourut le 29 janvier 1676. A la mort de son père en 1645, il fut couronné par les soins de son gouverneur Morosou, qui devint son premier ministre, obtint sa confiance, et essaya de le détourner des affaires publiques. Il lui fit épouser la fille d’un noble, et prit lui-même pour femme la sœur de sa souveraine. La mauvaise administration de ce favori et de ses agents occasionna une insurrection dans Moscou. Les mécontents obtinrent la punition de plusieurs coupables, et ce fut avec peine que le czar parvint à sauver Morosou.

Alexis, ayant pris les rênes du gouvernement, donna de grandes preuves de vigueur et de capacité. Il fit la guerre aux Polonais, et recouvra les places et les provinces qui leur avaient été cédées. Lorsque Charles-Gustave, roi de Suède, fit une invasion en Pologne, Alexis conclut une trêve avec ce royaume (1 656), et tourna ses armes contre Charles, qui s’était emparé de la Lithuanie. Les succès furent balancés, et la guerre se termina, en 1661, par le traité de Carlis. Pendant ces guerres, le czar porta la plus grande attention à l’amélioration de ses États ; et, quoique privé d’une bonne éducation, il montra un esprit vraiment éclairé ; il fit traduire en russe un abrégé de diverses sciences, qu’il fit enseigner dans des écoles fondées par lui. Il rassembla en un seul corps toutes les lois des différentes provinces de son empire, et les fit imprimer en langue russe ; elles forment le code Oulagenié : c’est une compUation imparfaite, mais qui fixait au moins la législation. Il introduisit plusieurs nouvelles industries dans son pays, particulièrement pour la soie et la toile ; ajouta deux faubourgs à Moscou, et bâtit, dans divers districts, des villes à marches, qu’il peupla de Polonais


et de Lithuaniens. Il fit défricher plusieurs vastes déserts par des prisonniers de guerre qu’il y établit. Il forma aussi le dessein de créer des flottes sur la mer Noire et sur la mer Caspienne, et envoya chercher des constructeurs en Hollande. Il reçut des ambassadeurs de la Perse, de la Chine, et d’autres pays de l’Asie, et entretint une correspondance suivie avec les principales puissances de l’Europe. Enfin il anticipa presque en tout sur Pierre le Grand ; mais il n’essaya qu’en petit ce que celui-ci exécuta en grand. Désirant augmenter le pouvoir de la couronne, il institua une chambre pour juger des offenses commises contre lui, et fit presque toujours exécuter la justice en secret. Ses revenus n’étaient pas considérables ; cependant il parvint à avoir une cour magnifique, une armée nombreuse, et à laisser un riche trésor. Une rébellion formidable vint mettre obstacle à ses plans. Cette révolte, excitée en 1669 par Stenko Razin, chef des Cosaques du Don, fut souiUée par des actes de barbarie. Stenko s’assura d’Astracan ; et, secondé par une multitude de paysans, il réunit jusqu’à 200,000 hommes. Alexis se montra aussi violent et cruel que les révoltés ; mais la sédition ne fut entièrement apaisée qu’en 1671 : Stenko fut alors livré au czar, et mis à mort.

Les affaires de Pologne donnèrent lieu à quelques différends entre le czar et le Grand Seigneur. Celui-ci, dans sa correspondance, donnait à Alexis le titre de hospodar chrétien, tandis qu’il se donnait à lui-même celui de roi de tout l’univers. Le czar, irrité, répondit « qu’il n’était pas fait pour se soumettre à un « chien de mahométan, et que son sabre valait « bien le cimeterre du Grand Seigneur. » Telles étaient les relations diplomatiques de ce temps-là dans ces contrées. Cependant Alexis, qui désirait engager tous les princes chrétiens dans une ligue contre les Turcs, fit porter à Rome des paroles plus dignes de lui ; mais son ambassadeur refusa de baiser la mule du pape. Malgré ce refus, il fut accueilli, obtint de grandes promesses, mais rien de plus. Alexis s’unit ensuite aux Polonais, et, par la division qu’il opéra contre les musulmans, contribua beaucoup à la mémorable victoire que Jean Sobieski remporta sur eux près de Vienne. Quand la couronne de Pologne devint vacante, Alexis proposa son fils pour roi, ainsi qu’une union entre la Pologne, la Lithuanie et la Russie ; mais son offre ne fut point acceptée. Durant la guerre contre les Turcs, il s’éleva entre les Russes et les Polonais quelques différends, à la suite desquels les Polonais s’emparèrent de l’Ukraine. Alexis mourut âgé de quarante-sept ans, laissant de sa première femme deux fils et quatre filles, et de la seconde, une fille et un fils. Ce dernier fut Pierre le Grand, dont la gloire surpassa celle de son père.

Ustrialov, Russkaya Istoriya, II, 200-255. — S. Glinka, Russkaya Istoriya, VI, 79-150. — Leclerc, Histoire de la Russie ancienne III, 40, 97. — Durdent, dans la Biographie universelle.