Page:Hoffmann - Œuvres complètes, tome III.djvu/119

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vierait le premier écuyer du prince. — Quoi ! s’écria Fabian, et il n’a pas perdu ses bottes, et il n’a pas roulé à terre devant vos pieds ? — Assurément non ! s’écriérent-ils d’une commune voix. À quoi penses-tu, frère ? Un aussi solide cavalier que le petit étranger !… »

Fabian ne savait que dire. Balthasar descendait en ce moment la rue. Fabian se précipita vers lui, l’attira à part, et lui raconta comme quoi le petit poucet qu’ils avaient rencontré dans le bois et qu’ils avaient vu tomber de cheval, venait d’arriver en cet endroit, et comme quoi tout le monde s’accordait à voir en lui un joli homme de structure élégante, et surtout un parfait cavalier. « Tu vois, mon cher ami Fabian, répliqua Balthasar d’un air calme et sérieux, que tout le monde ne jette pas comme toi la pierre aux individus disgraciés de la nature, en les poursuivant de railleries peu charitables. — Mais au nom du ciel ! interrompit Fabian, il ne s’agit nullement ici de railleries intempestives ni de défaut de charité. Toute la question est de savoir si un petit maroufle de trois pieds de haut, qui ressemble assez exactement à un radis, peut s’appeler un joli homme élégant et bien tourné ? » Balthasar fut obligé de confirmer la déclaration de Fabian au sujet de la taille et de la difformité du soi-disant étudiant. Mais les autres prétendaient toujours que le petit cavalier était un homme gracieux et bien fait, tandis qu’au contraire Fabian et Balthasar persistaient à soutenir qu’ils n’avaient jamais vu un plus hideux avorton. La chose