Page:Hoffmann - Œuvres complètes, tome III.djvu/118

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tendait à ne rencontrer dans les rues, sur le chemin du Cheval ailé que des figures épanouies. Il n’en était rien cependant. Tous les gens passaient tranquilles et graves. C’était avec le même sérieux que se promenaient de long en large, sur la place, en face du Cheval ailé, plusieurs étudiants qui s’y étaient rassemblés et qui causaient entre eux. Fabian se persuada que le nain à coup sûr était allé descendre autre part, lorsqu’on jetant un regard dans la cour de l’hôtel il vit un palefrenier conduire précisément à l’écurie la monture fort reconnaissable du petit homme. Alors Fabian courut au-devant d’un de ses amis et lui demanda s’il n’avait pas vu arriver à cheval une espèce de nain tout-à-fait singulier et merveilleux. Celui que Fabian questionna n’en savait pas plus que les autres, et Fabian leur raconta alors ce qui s’était passé entre lui et le petit roquet, qui voulait qu’on le prit pour un étudiant. Tous rirent de bon cœur, mais ils certifièrent n’avoir vu rien de pareil à ce qu’il décrivait, mais que dix minutes avant il était effectivement arrivé deux élégants cavaliers montés sur de beaux chevaux, lesquels étaient descendus à l’hôtel du Cheval ailé. « Et l’un d’eux, demanda Fabian, n’était-il pas sur ce cheval qu’on menait tout à l’heure à l’écurie ? Positivement, répondit l’un des assistants. Celui qui montait ce cheval était d’une taille un peu petite, mais fort bien fait, agréable de visage, et doué de la plus belle chevelure bouclée qu’on puisse voir. En outre, il s’est montré comme un cavalier parfait, il s’est élancé de son cheval avec une grâce, une agilité qu’en-