Page:Houde - Le manoir mystérieux, 1913.djvu/185

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MYSTÉRIEUX
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— Pendant que j’y pense, dit-il, nous n’avons pas vu madame Deschesnaux ce soir. N’est-elle pas encore arrivée ?

L’intendant pâlit et, pour toute réponse, appela Deschesnaux, qui était dans une pièce voisine.

— M. Deschesnaux, dit-il, expliquez pourquoi cette dame (il ne pouvait se décider à dire « votre femme ») n’a pu venir présenter ses hommages à Leurs Excellences.

Deschesnaux s’avança et vint expliquer (ce qu’il croyait à cette heure) que sa femme était, par suite de maladie, dans la complète impossibilité de se rendre aux Trois-Rivières.

— Voici, continua-t-il, le message que je viens de recevoir ce soir même du docteur qui soigne ma femme, et qui m’annonce qu’il est inutile de l’envoyer chercher, qu’elle ne peut entreprendre un voyage de plusieurs lieues dans l’état où elle se trouve, ajoutant qu’elle a besoin avant tout de tranquillité et de repos.

— C’est différent, dit le gouverneur en jetant les veux sur le papier que Deschesnaux venait de lui mettre entre les mains. Dans ce cas, M. DuPlessis, vous direz au digne M. Pezard de la Touche que, n’ayant pu voir, comme je m’y étais attendu, cette dame, à cause de sa présente indisposition, je suis obligé de remettre à plus tard mon dernier mot dans l’affaire dont il m’a saisi.

— Avec la permission de Votre Excellence, dit DuPlessis (oubliant la promesse qu’il avait faite à Joséphine), ce message est faux.

— Comment le savez-vous, reprit le gouverneur sur un ton dont il était difficile de deviner au juste la signification ; pourquoi mettez-vous en doute la parole de M. Deschesnaux et ce message qu’il a reçu ?

DuPlessis se souvint tout à coup de sa promesse, et il baissa la tête d’un air embarrassé.