Page:Houde - Le manoir mystérieux, 1913.djvu/231

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MYSTÉRIEUX
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— C’est une imposture ! s’écria la pauvre femme affolée de terreur ; vous avez volé ce gage, vous qui êtes capable de toutes les bassesses.

— Si vous ne vous préparez pas immédiatement à nous suivre, madame, nous aurons le regret d’employer la force.

— La violence ! Vous n’oseriez employer ce moyen, lâches que vous êtes !

— C’est ce que vous allez voir, madame, si vous m’obligez à vous servir de valet de chambre.

Cette menace fit pousser de tels cris à la malheureuse Joséphine qu’ils furent entendus des domestiques de la maison et des personnes du dehors, et que, sans la conviction, où chacun était de sa folie, on fût accouru à son secours. S’apercevant que ses cris étaient inutiles, elle s’adressa à Cambrai dans les termes les plus touchants et le conjura, au nom de l’innocence de Louise, de ne pas permettre qu’on la traitât avec tant d’indignité.

Ne voyant arriver aucun secours et un peu rassurée par les paroles de Cambrai, elle se résigna et promit de s’habiller, si l’on voulait la laisser seule un moment. Deschesnaux l’assura que M. Hocquart serait à la Rivière-du-Loup le plus tard vingt-quatre heures après elle, et se retira avec Cambrai dans une chambre à côté.

Lorsqu’elle fut prête, ils revinrent et Cambrai lui affirma que c’était la volonté de M. Hocquart qu’elle s’éloignât le plus promptement possible des Trois-Rivières, et qu’elle n’avait rien à craindre. La pauvre femme se laissa alors placer dans une litière, jeta un dernier regard sur le château qui brillait de l’éclat des lumières de la fête, et, laissant retomber sa tête sur son sein, elle s’enfonça dans la litière et s’abandonna à la Providence.