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LABRADOR ET ANTICOSTI

falaises de la côte de Dieppe », et que le routier de Jean Alphonse de Saintonge nous présente dans son langage poétique, comme étant « assise sur des rochers blancs et d’albâtre, couverte d’arbres jusques au bord de la mer ». Seulement ces représentants du règne végétal sont en certains endroits tellement rabougris et tellement enchevêtrés les uns dans les autres, qu’on peut marcher des arpents sur leurs cimes métamorphosées en ressorts élastiques.

« Quelques-uns ont prétendu que l’île renfermait des richesses minérales, mais je ne sache pas qu’il se soit fait quelques travaux en ce sens, depuis le jour où Charlevoix crut devoir livrer à la postérité la désopilante histoire de la première tentative.

« Il courut un bruit il y a quelques années, assure cet écrivain, qu’on avait découvert à Anticosti une mine d’argent, et faute de mineurs on fit partir de Québec, où j’étais alors, un orfèvre pour en faire l’épreuve ; mais il n’alla pas bien loin. Il s’aperçut bientôt au discours de celui qui avait donné l’avis, que la mine n’existait que dans le cerveau blessé de cet homme, lequel lui recommandait sans cesse d’avoir confiance en Dieu. Il jugea que si la confiance en Dieu pouvait par miracle faire trouver une mine, il n’était pas nécessaire d’aller jusqu’à l’Anticosti, et il revint sur ses pas. »

« Pendant l’été, l’île d’Anticosti est parcourue par des bandes nomades de pêcheurs qui exploitent le saumon, la morue, le maquereau, le homard et le hareng. Au printemps, les chasseurs de loups marins arrivent à leur tour, et avec ces poissons et cet amphibie, la chaux, la tourbe, la pierre de taille et les collections de fossiles, demeurent, à tout prendre, les seules et véritables richesses de l’île. » [1]

Le Canadien, de Québec, publiait le 12 août 1886 une correspondance de M. Faucher de Saint-Maurice sur l’île d’Anticosti. « On fait en ce moment[2], disait l’écrivain, une grande

  1. De tribord à bâbord, pp 153-154.
  2. C’était à cette époque en effet qu’une Compagnie anglaise faisait l’acquisition de l’Anticosti. De là sans doute la réclame que signale M. Faucher de Saint-Maurice. (A.)