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LABRADOR ET ANTICOSTI

On m’a dit, à la Baie-des-Anglais, que l’avoine n’y mûrit pas. Mais durant combien d’années en a-t-on poursuivi l’expérience ? Est-il certain que l’on avait fait choix des variétés les plus hâtives ? D’ailleurs la Baie-des Anglais est l’endroit le plus septentrional de l’île, et le versant sud-est offrirait probablement de bien meilleures conditions de succès.

Du reste, la culture des céréales est loin d’être toute l’agriculture. Il est certain, par exemple, que la plupart des légumes viennent parfaitement dans l’île d’Anticosti, et c’est là un appoint considérable pour l’alimentation du peuple qui l’habitera. Ensuite, l’élevage des animaux et l’industrie laitière y sont très possibles ; et, de nos jours, ce sont les formes les plus profitables de l’exploitation agricole.

Pour toutes ces considérations, il semble donc qu’un bel avenir attend cette terre de l’Anticosti, qui fut longtemps méconnue. Il est presque certain que l’intelligente initiative de M. Menier sera couronnée du plus beau succès.

En tout cas, la province de Québec est loin d’être indifférente à la mise en valeur de cette colossale corbeille de verdure qui, jetée en travers de l’entrée de son beau fleuve, ne lui semblait pas destinée à devenir jamais l’un des joyaux de sa couronne. De savoir, surtout, que cet éclat nouveau lui vient d’une main française, cela met le comble à sa joie.

* * *

Les habitants de l’Anticosti, depuis qu’ils ont changé de suzerain, doivent être satisfaits de l’amélioration qui s’est faite dans leurs moyens de communiquer avec la terre ferme. En effet, comme je l’ai dit un peu plus haut, un bateau à vapeur fait à présent un service régulier entre l’île et Québec.

Il sera sans doute intéressant de savoir de quelle façon on pouvait auparavant communiquer avec le continent.

Quand donc nos insulaires voulaient se rendre à la terre ferme, ils n’avaient pour tout paquebot qu’une goélette qui, tous les