Page:Huard - Labrador et Anticosti, 1897.djvu/295

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
279
MINGAN — P0INTE-AUX-ESQUIMAUX

aux autres non par des clous, mais par du fil à saumon. Sous les « membres » du traîneau on fixe des os de baleine convenablement taillés, et qui remplacent fort bien les lisses d’acier de nos voitures d’hiver. Chacun des « membres » dépasse l’avant du cométique du tiers environ de la longueur de celui-ci, et se termine en pointe effilée suivant une courbe un peu prononcée : ce prolongement s’appelle le chaperon. Cela sert à guider le traîneau avec la main ou avec le pied. Pour arrêter plus sûrement le cométique, on passe dans l’un des chaperons la drague, qui est un anneau assez grand fait en gros cordage. Les barres ou planchettes qui forment le dessus du cométique débordent de chaque côté ; et chacune de ces extrémités, séparée du reste par une sorte de cou creusé dans la planchette, s’appelle tête de la barre.

Il y a de ces cométiques qui sont de belle facture » et pour la fabrication desquels on a pris la peine de faire venir de Québec même du beau bois. On est fier de son cométique, là-bas, comme on l’est ici d’une « carriole » artistement tournée. Dans les grandes occasions, comme lorsqu’une dame doit y prendre place, on ajuste sur cette voiture une sorte de siège avec entourage, qui rappelle la chaise de nos vieilles calèches canadiennes ; le cocher est alors assis sur le devant de cette machine. Enfin, des fourrures complètent l’équipement de la voiture. Mais dans les circonstances ordinaires, on n’y met pas tant de façons, surtout s’il s’agit de faire un long trajet. Alors, on se contente pour tout siège d’une petite caisse que l’on renverse sur le traîneau, auquel on l’attache le plus solidement qu’il est possible. Cela ne garantit guère, il est vrai, ni du vent, ni du froid ; mais, du moins, avec une installation de ce genre, il n’y a rien au monde de si facile que à d'embarquer ou de débarquer, comme disent les Canadiens. Au reste, pour ce qui est du « débarquement », il y a des cas où il est à peu près instantané. L’allure endiablée de l’attelage, les déclivités du sol ou les obstacles que l’on rencontre rendent déjà l’existence un peu difficile sur ces voitures. Mais il arrive aussi que, au moment où l’on s’y attendait le moins, les chiens