Page:Huard - Labrador et Anticosti, 1897.djvu/411

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Huard - Labrador et Anticosti, 1897 (page 411 crop).jpg

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

Les habitants de la Côte Nord


« Nous ne sommes pas des sauvages ! » — Comment les Acadiens parlent le français. — L’instruction publique sur la Côte Nord. — La vie du missionnaire. — Une population chrétienne. — Ce que l’on boit et ce que l’on mange sur la Côte Nord. — Les habitations. — Éducation domestique. — Pourquoi l’on vit à si bon marché. — À Québec et à la Bonne-Sainte-Anne.


« Au moins, monsieur, dites, bien que nous ne sommes pas des sauvages ! »

J’ai retenu cette recommandation que m’adressait une Labradorienne en présence de laquelle on disait que, chemin faisant, je rédigeais des notes de voyage destinées au public.

Rien ne m’est plus facile que de remplir l’engagement que je pris alors de tenir compte de cet avis. Je vais en effet dire du bien de cette population blanche de la Côte Nord, non pas pour faire plaisir à l’interlocutrice inquiète, mais simplement par devoir d’écrivain. Il n’y a qu’à dire les choses telles qu’elles sont, pour faire l’éloge des habitants de ce pays.

Durant ce voyage, je fus en contact journalier avec les gens de la Côte. Dans presque tous les postes, j’ai passé trois ou quatre jours au milieu de l’une des familles de la localité ; et l’on imagine bien que tous les parents et amis ne manquaient pas d’y avoir quelque affaire, pour faire la connaissance du « Monsieur le curé » que j’étais dans la circonstance. Beaucoup d’autres occasions m’ont aussi permis d’étudier et de connaître cette population.

Pour beaucoup de gens, tout est dit quand on leur apprend