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Huard - Labrador et Anticosti, 1897 (page 17 crop).jpg

CHAPITRE VINGTIÈME

Coup d’œil sur l’avenir


La Côte Nord ne sera jamais un pays agricole. — Témoignage du R. P. Arnaud. — L’élevage des animaux n’est guère praticable. — Culture des légumes. — Les grandes Compagnies qui exploitent les pêcheries. — Il est difficile aux pêcheurs d’acquérir de la fortune. — Les petits « négoces. » — Quand le chemin de fer du Labrador existera… — Marine marchande et marine de guerre. — Gesta Dei per Francos.


Par ce qu’on a lu précédemment sur les diverses colonies établies le long de la côte du golfe, on sait déjà dans une bonne mesure ce qu’il faut penser du Labrador comme pays agricole. Cependant il n’est pas hors de propos de présenter ici, en résumé, quelques considérations générales sur ce sujet.

Ordinairement, un pays est exclusivement ou agricole ou industriel. Quand une région est à la fois l’un et l’autre, il semble que rien ne lui manque pour qu’elle atteigne un haut degré de prospérité.

Une situation si favorable se réalise dans la Gaspésie. Les pêcheries qu’il y a là sont très riches ; le climat y est avantageux, et l’on vante à bon droit la fertilité de cette terre. Jusqu’à présent, la population gaspésienne s’est livrée principalement à l’industrie de la pêche. Mais un jour viendra, et prochainement suivant les probabilités, où l’on donnera beaucoup d’attention à ce sol plein de promesses ; et alors ce territoire sera l’un des plus riches joyaux de la province de Québec.

Il n’y a pas malheureusement des perspectives aussi belles pour le Labrador ; quoi que l’on fasse pour soulever le voile de