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LABRADOR ET ANTICOSTI

pour la guérison d’un enfant malade ; tantôt, il s’agit d’obtenir quelque grâce importante pour la famille. Et qu’il y aura au retour de choses à raconter aux gens de là-bas, sur ce beau voyage ! On parlera des coquets villages et des riches campagnes que l’on aura traversés ; on tâchera de faire comprendre aux petits ce que c’est qu’un chemin de fer et comme ça va vite ; on décrira surtout la magnifique église, où il y a une si précieuse relique de sainte Anne, où il y a tant de béquilles laissées là par de pauvres infirmes que la grande patronne a guéris, où, enfin, tout est si riche, et si beau, et si dévotieux !

Et les petits, plus habitués aux récits de chasses ou de pêches extraordinaires, de tempêtes effroyables et des naufrages les plus émouvants, éprouveront des admirations délirantes, des enthousiasmes fous, en écoutant le père ou le grand frère dire tout ce qu’il a vu dans son voyage. « Oh ! lorsque je serai grand, moi aussi j’irai à la Bonne-Sainte-Anne et à Québec ! »

En effet, au Labrador, il faut avoir de la barbe au menton, pour prétendre à faire le voyage de Québec.



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