Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


espèce d’hymne adressé à Lagrange par quelque visiteur enthousiaste. Voici ce que j’en ai pu déchiffrer :


Ô toi, noble défenseur d’une sainte cause, persiste dans ta noble mission, (sept mots illisibles)… nous aurons encore (illisible) de térasser (sic) les ennemis de la République.

Vive la République démocratique et sociale !

Un de tes amis inconnus qui t’admire.


Pas de pupitre à la place de Proudhon qui siégeait à côté de Lagrange à l’extrémité du banc. Rien que la tablette étroite et nue, tachée d’encre.

Au-dessous du nom de M. de Montalembert on lisait cette ligne écrite à l’encre :

De la société de Judas.

Un autre visiteur avait gravé avec un clou ou un poinçon ces deux mots sur la tablette :

Séide imbécille.

Un autre y avait dessiné un portrait de Proudhon ; tête de Méduse ornée de lunettes.

M. Lagrange n’avait pas effacé les éloges et M. de Montalembert n’avait pas effacé les injures.

Je dis les choses comme elles sont.

Rien à la place de M. Thiers. Pas même de pupitre. M. Thiers était de ces hommes qui écoutent les bras croisés.

La place du président du conseil, à l’extrémité du banc des ministres, occupée successivement par Lamartine, Cavaignac et Odilon Barrot, n’offrait rien que la planche nue.

Sur la tablette de M. Dupont de l’Eure, à la place duquel je vins m’asseoir en son absence quand j’entrai dans l’Assemblée, j’avais remarqué ce mot écrit par je ne sais quelle main : Fragile. Synonyme de popularité. M. Dupont de l’Eure, chef du gouvernement provisoire en 1848, ne fut pas réélu en 1849.




V

ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE.


L’autre jour M. de Salvandy disait : — Je regrette vivement de n’être pas de l’Assemblée législative dans l’Eure. Et savez-vous qui m’en a exclu ?