Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/68

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M. de Broglie. Ceci m’est amer. C’est M. de Broglie qui inspirait la politique à laquelle je me suis sacrifié ; si j’ai dû fuir mon pays, c’est lui qui m’avait poussé. Il était plus ministre que moi. Louis-Philippe et lui étaient tout le gouvernement. Eh bien, à mon retour, M. de Broglie devait me tendre la main, il m’a repoussé. Il devait m’ouvrir la porte, c’est lui qui me l’a fermée.




13 juin.

Hier, on agitait l’accusation du président et des ministres[1]. M. Odilon Barrot, qui se défendait et qui défendait Louis Bonaparte, fut tout à coup interrompu par Jérôme Napoléon, lequel depuis quelque temps fait une vive opposition à son cousin ; M. Dupin aîné, qui présidait, dit à demi-voix en désignant Jérôme :

— Voilà Philippe-Égalité.

— Ou peut-être tout bonnement Louis-Philippe, dit un représentant qui entendit.




13 juin 1849. — 4 heures du soir.

Ce que nous avions en 1848 et 1849 à l’Assemblée, ce n’était pas la Montagne, c’était son produit. Il est tout simple que le 13 juin cela ait été pris dans une souricière.




Un jour M. Charles Dupin était à la tribune, son frère qui présidait, et qu’on surnommait dans la Chambre Dupinus Magnus, était derrière lui et s’impatientait du discours. Il se pencha vers les secrétaires, dont était M. Jaubert, en disant : — Ô mon pauvre père ! quel bonheur pour toi que tu ne l’entendes pas !

Ce qui fit dire à M. Jaubert :

— Quel mauvais frère, mais quel bon fils !

  1. Violents débats à l’Assemblée à propos de l’expédition contre Rome regardée comme une atteinte à la liberté des peuples. (Note de l’éditeur.)