Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/75

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clément pour Teste. La tribune lui venait au menton, mais il avait des idées, de la chaleur d’âme, et se haussait peu à peu. Il commençait par être petit et finissait par être grand. Au rebours des opinions reçues, il avait une haute idée de la Chambre des pairs comme pouvoir. Il me dit un jour : Si cette Chambre voulait, elle ferait tout. Elle a la parole comme la Chambre des députés et la durée comme le roi.

La république de février le fit ambassadeur à Rome. M. d’Harcourt était fort laborieux. À Gaëte, pendant l’exil du pape, il recopiait lui-même de sa main toutes ses dépêches. Il est vrai que la légation était désorganisée et qu’il n’avait pas de secrétaire.

Même à travers les choses folles et violentes que la réaction lui imposait contre les républicains de Rome, son vieux levain anti-monarchique lui restait. Le jour de la fête du roi de Naples, il se dispensa d’aller au baise-main, et par son ordre le Ténare, qui était mouillé dans la rade, ne se pavoisa ni ne salua.

Cette haine lui venait, disait-on, d’un mot de Louis XVIII. Louis XVIII l’avait surnommé le duc-mouche. M. d’Harcourt dit : la mouche piquera. Par représailles il appelait Louis XVIII le roi-cachalot.