Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/102

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M. Delhasse, qui est ici le correspondant de l’Angleterre, des renseignements sur Jersey. Ils confirment tout ce que je savais, et si mon livre est vite vendu, nous pourrions y être installés dans un mois ou six semaines. Que penses-tu de tout cela ?

J’ajoute que nos amis viendraient nous y rejoindre. Nous aurions une chambre pour Auguste, un étage pour M. et Mme Paul Meurice, et nous pourrions de là faire ensemble le Moniteur universel des peuples dont je jette en ce moment les bases avec M. Trouvé-Chauvel.

M. Trouvé-Chauvel part pour Londres demain ou après, avec des notes dictées par moi. Il est enthousiasmé de mon idée d’une librairie triple à Londres, à Bruxelles et à New-York, et d’un Journal des peuples rédigé par Kossuth, Mazzini, etc., et moi. Je crois que nous allons faire de grandes choses. Mais tout cela nous chasse de la Belgique. J’en suis triste, car c’est un pays doux et honnête, et qui doit être fort agréable l’été. En ce moment nous n’avons que le froid.

Réponds-moi sur tout cela, chère maman bien-aimée. Si tu aimes mieux venir tout de suite, n’hésite pas à le dire, je n’y ferai pas résistance, va ! Si tu crois sage d’adopter mon plan, discute-le avec Dédé et Toto, et écris-le-moi.

Dans tous les cas, je ferai ce que tu voudras, ce que vous voudrez tous, mes chers êtres bien-aimés.

Le bonhomme Jérôme est impayable ! Il a pourtant une dotation de 30 000 fr. ![1] — Ma douleur au cœur va mieux. Je t’embrasse tendrement, et mes enfants.

Consulte Auguste sur mon projet. — Fais-lui toutes mes plus tendres amitiés, et à Meurice. — Quand aura-t-on l’argent du cautionnement ?[2]


À Madame Victor Hugo[3].


Bruxelles, dimanche 25 avril [1852].

Je ne veux pas chère amie que madame David reparte sans te porter quelques lignes. J’ai signé le mandat pour Julie qu’elle te remettra. Je l’ai

  1. Mme Victor Hugo avait écrit à son mari : « J’ai reçu une lettre du vieux roi Jérôme afin d’aller aux soirées qu’il donne au petit Luxembourg... Il ne faut pas en vouloir à ce pauvre bonhomme. Il nous aime. Il voudrait arriver par moi à la conciliation. Il est heureux. Il voudrait que tout le monde s’embrasse et mange avec lui ses millions. » — Gustave Simon. La Vie d’une femme.
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. Inédite.