Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/132

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jamais lié à la France, que la chute de Bonaparte était le nœud et que la révolution d’Europe serait le dénouement, que brusquer un tel avenir, et si certain, et par conséquent le retarder, c’était une responsabilité énorme et qu’en cas d’un mouvement prématuré et avortant, cette responsabilité pèserait sur lui et sur Kossuth. Nous nous sommes séparés en nous promettant de nous écrire. — Communiquez ces détails à tous nos amis et usez tous de moi pour ce que vous voudrez. Ma bienvenue ici a ressemblé à mes adieux d’Anvers moins votre magnifique et splendide discours. Tous nos amis d’ici m’attendaient au débarquement, mêlés aux habitants de la ville de Saint-Hélier qui sont ardemment sympathiques aux proscrits républicains. L’accueil a été plein d’effusion et de cordialité. Napoléon-le-Petit doit avoir paru à cette heure. Voici les deux pages promises. Offrez mes respects à madame Madier de Montjau. Je vous serre tendrement la main.

Victor H.

Je pense qu’il sera facile d’unir les proscrits de Jersey en un groupe d’accord avec le groupe belge. Si vous veniez ici, tout irait admirablement. Serrez la main pour moi à tous nos amis[1]


À Hetzel.


Jersey, 15 août [1852].

Êtes-vous de retour à Bruxelles, mon cher confrère et coopérateur ? Vous alliez vers le Rhin quand nous allions vers Jersey. Nous sommes arrivés, êtes-vous revenu ? Je vous écris un peu au hasard, pensant que cette lettre vous parviendra toujours.

J’ai écrit quatre fois à M. Tarride. Il ne m’a pas encore répondu. Je le suppose très occupé. Vous seriez bien aimable de le voir, et de me renseigner sur les points que voici : — Où en est l’impression de Nap.-le-Petit ? Où en est la vente ? — Où en est l’impression des Œuvres oratoires ? Quant à cette dernière publication, il faudrait faire après l’Assemblée législative une division intitulée Congrès de la Paix, et y mettre les deux discours que vous avez dans la brochure verte. Mandez-moi par quelle voie je pourrai vous faire parvenir les Notes. — Où en est notre publication de France ?

Je puis avoir un volume de vers, les Contemplations, prêt dans deux mois. Cette fois, y aurait-il moyen de faire une affaire à Bruxelles ? Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que la librairie Méline me ferait une offre acceptable ?

  1. Communiquée par M. Jacques Sévoz, petit-neveu de Madier de Montjau.