Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/133

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Vous seriez bien aimable de tâter un peu le terrain et de me répondre un mot à ce sujet, car selon votre réponse, j’achèverais le volume ou j’écrirais le roman pour me débarrasser de Gosselin[1].

J’ai déjà envoyé à M. Tarride quelques corrections pour la réimpression de Nap.-le-Petit. — p. 197 (de l’édit. in-18), il faudrait ajouter : ce Delangle[2] entre ce Baroche[3], ce Troplong, lignes 21 et 22[4].

Je n’ai pas encore reçu mes 15 exemplaires. Y a-t-il un transit pour les livres pour l’Angleterre ? En ce cas, il faudrait les envoyer par là. S’il n’y a pas de transit, il faudrait prendre la voie de Rotterdam pour Guernesey. M. Philippe Folle, libraire de Jersey qui demande 250 Nap-le-Petit, indique la voie et le procédé dans sa lettre à M. Tarride. Aurez-vous la bonté de vous en occuper ? Ici on attend le livre avec impatience. S’il y en avait eu mille à l’apparition de l’ouvrage, ils eussent été vendus dans l’île seulement. Il faudrait profiter de ce bon moment.

Vous voyez que je n’hésite pas à vous occuper et même à vous ennuyer de mes affaires. C’est qu’elles sont un peu les vôtres, et puis prenez-vous-en à votre bonne et parfaite amitié qui encourage l’indiscrétion.

Cette île est charmante, la mer et les rochers sont magnifiques, j’admire tout cela, mais par moment, je songe à vous tous, et je me prends à regretter le ruisseau de la rue de la Fourche.

Je vous serre les deux mains.

Victor Hugo.

À Jersey, simplement. Toutes les lettres m’arrivent. Demain nous nous installons 3, Marine-Terrace ; Charles et moi nous nous remettrons à travailler. Mettez-moi aux pieds de votre charmante femme[5].


À Monsieur Luthereau.


Jersey, 15 août [1852].

Je sais, monsieur et cher ami, toutes les peines que vous avez prises et tous les remercîments que je vous dois. J’espère que vous me ferez savoir

  1. Victor Hugo devait à Gosselin, d’après un traité de 1831, un roman en deux volumes.
  2. Delangle, procureur général en 1847 ; après le coup d’État, il devint membre de la commission consultative ; en 1858, ministre de l’Intérieur, il fut enfin en 1859, ministre de la Justice.
  3. Baroche, avocat, devint en 1848 procureur général, puis ministre de l’Intérieur ; partisan et courtisan de l’empire, il fut président du Conseil d’État. Il donna sa démission en 1869 et se réfugia à Jersey en 1870.
  4. Ces noms ont été ajoutés au chapitre : Les autres crimes.
  5. Collection Jules Hetzel. Publiée en partie dans Napoléon-le-Petit. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.